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 Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]

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« Nathaniel Crawn »
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MessageSujet: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Sam 1 Jan - 4:53


Je t'emmène au dessus des gens...

  • Des feuilles par dizaine noircies par l’encre noir que le vent s’engouffrant par la fenêtre laissée ouverte fait voler dans la petite pièce où logeait un homme endormi. Paupières clauses, respiration profonde il tient encore dans sa main son stylo usé tandis que sur son ventre nu repose sa compagne au bois usé. Voilà le résultat d’une nuit passée à courir les rues, à rêver éveillé en s’enivrant de parfums et de musiques, d’illusions et de quelques idées loufoques échangés avec les gars du quartier. Tel était le quotidien de Nathaniel dont le regard éternellement animé par la passion de la découverte s’éteignait au petit matin pour l’emporter dans le vaste monde des songes. Et c’est là, dans ce minuscule appartement délabré que Nathaniel puisait l’inspiration qui lui permettait de ternir ses bouts de papiers de notes de musiques et d’idées jetées au hasard. L’appartement est paisible lorsqu’il dort, une accalmie bienfaitrice qui, hélas, fut de courte durée lorsque l’infâme son strident d’un vieux radio réveille récupéré vint arracher le poète illuminé de ses songes. Regard assoupi et main qui vient écrabouiller le dérangeant qui chuta brutalement de la petite table de chevet improvisé venant rejoindre l’amas de feuilles et de fringues jonchant déjà le sol. Grommellement, bâillement suivit d’une merveilleuse injure qui vint définitivement mettre un terme à la quiétude de l’instant. D’un bon le jeune homme fut debout, enfila en vitesse un jean usé ainsi qu’une chemise blanche qu’il oublia de boutonner. Et voilà, premier jour de boulot dans un petit bar sympa et déjà le temps menaçait de galoper plus vite que lui et de le mettre en retard. Sautant dans ses chaussures, Nate fit un saut rapide jusqu’à sa petite salle de bain, peigna brièvement sa chevelure sans toutefois parvenir à la maitriser avant d’attraper sa guitare et de bondir hors de son appartement. Il fila comme le vent à travers les rues dont il connaissait à présent tous les mystères, manqua de renverser une jeune demoiselle qui lui adressa un regard hautain avant d’arriver devant son lieu de travail. Rien de difficile, il avait juste à s’installer sur une chaise et jouer de la musique pendant que les alcooliques du coin ou les âmes égarés viendraient boire en verre en profitant des sons que fourniraient son inséparable compagne usée. Rien de difficile et pourtant Nate ne pouvait s’empêcher de se haïr d’avoir accepté ce poste. Jouer de la musique c’était bien, gagner de l’argent indispensable pour sa survie cependant la simple idée de devoir suivre un créneau horaire, de devoir se plier aux exigences d’un supérieur l’agaçait au plus haut point. Ne serait-il pas mieux à jouer dans la rue plutôt que de se plier aux obligations d’un emploi ?

    « Monsieur vôtre chemise… »

    Nate sortit brutalement de ses songes alors que son regard lagon rencontra celui de nuit d’un homme à l’apparence aussi bourru que l’était sa voix. Arquant un sourcil, Nate jeta un bref regard à sa tenu avant de se sentir sourire devant son habillement. Jean usé, chaussures usés et pour parfaire le tableau sa chemise grande ouverte laissant loisir à quiconque d’observer son torse gorgé de soleil.

    « Un moyen comme un autre d’attirer le regard féminin cela vous pose-t-il un problème ?
    - Oui, je ne veux point d’un guitariste à la peau découverte, mon bar n’est peut-être pas des plus classes mais j’exige une certaine tenue de mes employés aussi pauvre peuvent-ils être. »

    Sarcastique avec ça néanmoins Nate se retint de répliquer par une nouvelle boutade qui aurait pu lui couter son poste et boutonna sagement sa chemise avant de suivre son patron dans son modeste bar. Soupirant, Nate jeta un bref regard à la décoration limitée mais ne put s’empêcher de déceler un certain charme dans cet endroit qui sentait le café et la vieille cigarette. Ici ça sentait bon la chaleur humaine malgré l’apparence hautaine de son patron et le jeune homme s’obligea à revoir ses estimations. Finalement, peut-être se plairait-il dans ce nouveau boulot et si ce n’était pas le cas il aurait juste à claquer la porte et à dire adios.
    S’installa sur sa chaise, il calla sa guitare sur ses genoux avant d’entamer une première musique de fond qui vint accueillir les premiers clients de la journée. Le temps reprit sa course, le soleil vint peu à peu atteindre son point culminant venant ainsi accabler le bar d’une chaleur étouffante. Cependant, cela ne semblait en rien déranger les habitués du bar qui continuaient de rires, chanter et parfois même encourager quelques courageux venant entamer quelques pas de danse. Entrain et sourires, convivialités et joie de vivre qui hélas ne semblait pas partagé par tous le monde présent ici.

    Cela faisait un moment déjà qu’il l’avait aperçu. Jeune femme assise sur une table recule au visage triste, perdue et à la consommation à peine entamée. Était-ce réellement raisonnable de laisser un si jolie minois dépourvu de tous sourires ? Non ne pouvait s’empêcher de songer Nathaniel qui, l’heure de sa pause arrivant se servit un verre d’eau glacé avant de traverser en quelques enjambées le bar et rejoindre la triste inconnue.

    Excusez-mon intervention demoiselle mais il me semble que vous ailliez perdu quelque chose...

    Il attendit qu'elle lève les yeux vers lui avant de lui tendre son poing fermé pour finalement l'ouvrir lui présentant ainsi sa paume vide.

    Votre sourire, tenez reprenez le vite l'idiot à voulu s'enfuir heureusement que j'étais là pour la rattraper !

    Un sourire chaleureux vint naître sur les lèvres du jeune homme qui attendait, paume ouverte et regard pétillant.
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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Sam 1 Jan - 8:28

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    Mon mouvement de balancier, d'avant en arrière, se calait sur celui de l'horloge. Ce tic-tac énervant qui montre que le temps passe. Qu'importe notre souffrance, qu'importe notre bonheur, notre joie, le temps l'efface. Et il passe. Il guérit ou fait empirer notre état. Il s'égraine lentement ou rapidement, mais il passe. Je relevais la tête et regardais par la fenêtre. Dehors, la vie continuait. J'aurais tellement voulu revivre. Mais je n'avais plus la force, alors je dépérissais. Je me laissais porter sans me battre. Je n'étais qu'un coquille vide. Je me relevais, dépliant mes jambes endolorie. Je m'étirais un instant et balayais mon salon du regard. La télé marchait. Un reportage sur la vie des fourmis passait. Depuis quand marchait-elle ? Quelques minutes, des heures, des jours ? Je n'avais aucune notion du temps. Je me penchais sur la table basse et ramassais les feuilles éparpillées qui avaient du voler à cause du vent. Depuis peu, j'écrivais. Ça n'avait aucun sens, mais ça me libérait. J'allais « mieux ». Mais pouvait-il y avoir un mieux, quand on est au fond d'un ravin sans fin ? Je me dirigeais vers la fenêtre et l'ouvris lentement. Dehors, les gens vivaient, riaient, s'amusaient. Ce n'est pas que je ne voulais pas, mais je n'avais plus envie. Je soupirais et me dirigeais vers la salle de bain. Le soleil était encore sur Buenos Aires, même si le jour déclinait lentement. Encore une fois, je n'avais pas vu la journée passée. Je me déshabillais, évitant de poser mon regard sur ce corps que je haïssais, tellement salie par un passé difficile. Je rentrais sous la douche et mettant le robinet sur l'eau chaude, je l'ouvris. La froideur de l'eau ne fit même pas réagir. Je la sentais couler le long de mes jambes, mais ça ne me faisait rien. Ça ne me faisait plus rien. Rapidement l'eau froide fut remplacer par du chaud. Je fermais les yeux et renversais la tête en arrière. Je laissais mes muscles se décontracter tranquillement. Après m'être lavée, je sortis et m'enroulais dans une serviette. Je partis dans ma chambre attrapais des sous-vêtements, un jean et je pris une chemise à carreaux. J'attrapais également un débardeur blanc. Je les enfilais rapidement et retournais dans le salon. Là-bas, mon regard se pose sur les pages noircies. J'ignorais ce que j'avais écris, alliant pensées chaotiques, souvenirs et citations de paroles, de livres ou de je ne sais quoi. Je soupirais et récupérais le tas de feuilles que j'allais mettre dans ma chambre, les jetant négligemment sur mon bureau. On verra bien ce que j'en ferrais. J'attrapais une paire de ballerine et les enfilais. J'attrapais mon sac à main, mes clés et quittais ma chambre. Je sortis sur le palier et fermai la porte. Je sortais mais je savais pas où aller. Je soufflais et posais ma tête sur la porte. Mes yeux se fermèrent mais immédiatement de vieux souvenirs surgirent. Je rouvris les yeux et reculais de la porte. Je tournais les talons et sortant, je m'enfonçais rapidement dans la rue.

    Je rentrais dans un bar à l'ambiance sympathique. Apparemment, du moins de ce que j'avais vu, il y avait un jeune homme qui chantait. La musique avait cette sorte d'apaisement sur moi. Je rentrais et m'installais comme à mon habitude, à une table dans un coin. Je pris une boisson avec un peu d'alcool. J'entendais vaguement ce qui se passait autour de moi, la musique m'arrivait comme étouffer par les gens. J'avais chaud, mais j'étais bien. Pour la première fois de ma vie, j'étais tranquille dans un lieu avec du moment, j'esquivais un pauvre sourire à cette pensée que je perdis rapidement. Le serveur me ramena ma consommation et je pris une gorgée. En reposant le verre, mon regard se perdis dans le liquide. Je ne savais pas ce que je faisais là, mais j'y étais. Comme j'aurais aimé que ma vie soit différente. Qu'elle soit meilleure. Une vie où j'aurais eu des parents, des amis, où je n'aurais pas été violé. Où je n'aurais pas eu besoin de me prostituer et de me déshabiller devant des porcs pour avoir un peu d'argents. Une vis où je n'aurais pas connue la rue. Je sentis les larmes me monter aux yeux. Je les ravalais difficilement. Je n'avais pas envie que l'on s'occupe de moi. Je voulais qu'on me laisse seule. J'étais la seule à ne pas participer à la fête, à ne pas danser, à ne pas boire à outrance. Tout ça parce que j'avais peur. Un jeune homme s'avança vers ma table, en l'entendant me parler je relevais la tête. Il me tendait son poing. Que me voulait-il ? Automatiquement je me braquais. Est-ce qu'il allait … ? Non. Enfin je ne voulais pas. Je me tendis encore plus, prise de peur, quand il retourna sa main et me dévoila sa paume, vide. Mais à quoi jouait-il ? Mon sourire ? Ça fait longtemps qu'il est partit celui-là. Il me regardait paume face au ciel, les yeux pétillants, attendant sûrement une réaction de ma part, sauf que j'étais tendue comme un arc, prête à bondir à la moindre occasion.

    Alaska Mon sourire ?

    Je le regardais, craintive. Ma voix était enrouée. En même temps cela faisait plusieurs jours que je n'avais pas parlé. Il n'avait pas bougé continuant de ma fixer avec cette éclat dans les yeux, sa paume toujours face au ciel. Je me raclais la gorge.

    Alaska Mon sourire, ça fait longtemps qu'il a disparu.

    Je baissais les yeux, ravalant encore une fois mes larmes. J'attrapais mon verre et bus une gorgée. Cet homme face à moi, il me faisait peur. J'avais l'impression d'être prise au piège et que même si je le voulais, je ne pourrais pas partir. Je laissais une larme sortir et glisser sur ma jour droite. Je l'essuyais rapidement, priant pour qu'il ne l'ait pas vue.
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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Mer 5 Jan - 5:39

  • [rp pourri de chez pourri désolée --;.]

    Souffrance… Ouragan de crainte déchaînant les danses colorées de ses yeux. Peur… Corps qui se crispe, muscle qui se noue et lèvres qui se scellent dans un atroce rictus de crainte. Souvenirs… Un regard et le voilà replongé des années en arrière alors que l’idée même de venir à Buenos Aires n’avait encore vu le jour dans son esprit. Souvenirs de cette nuit d’insomnie ou, rongé par les regrets et les hésitations incessantes il avait passé la nuit à se torturer l’esprit sans parvenir à clôturer une maudite lettre qu’il s’acharnait à écrire depuis des mois déjà. Lettre d’excuse puis lettre de colère, mots de feu qui, au files des heures se transformaient en mots de tendresses. Tous finissait dans la poubelle, roulée en boule suite à une excès de fureur. Combien de fois avait-il ainsi tenté d’écrire à sa mère ? Combien de fois avait-il imaginé ce même regard espérant que ces sentiments viennent écorcher le cœur de celle qui avait mené son père à la mort ? Il l’avait imaginé craintive, seule, désespérée afin d’imaginer qu’il reviendrait un jour dans sa vie comme le sauveur de son malheur pour finalement revenir à son point de départ : résignation. Il n’avait jamais pu accepter de lui faire face à nouveau, de jouer le rôle de l’enfant revenant pour prendre soin d’elle tout en demeurant l’homme libre qu’il était devenu. Peur… Crainte de se voir enfermer de nouveau, de ne pouvoir résister à cette femme qui avait su enfermer son père alors il avait fui se résignant à cimenter son cœur pour finalement décider de parer ses lèvres d’un éternel sourire cabotin. Enfant illusionné qui, soudain, se sentait démuni face à un tel déchainement de douleurs. C’était violent et Nathaniel sentit son souffle se perdre lorsqu’il entendit la voix enrouée, perdue presque éteinte de l’inconnue. Etes-vous en vie ? Question que ses lèvres mimèrent dans un souffle silencieux alors que son regard bleuté se perdait sur les contours de son visage. Elle semblait si fragile, si démunie de toutes forces qu’il s’en voulu soudain de ne pas l’avoir remarqué plus tôt. Comment pouvait-il s’être permis de s’imposer ainsi ? Comment avait-il pu croire qu’un simple sourire pouvait suffire à insuffler de la vie en une âme aussi meurtrie et décharnée que la sienne ? L’inconnue respirait l’oublie, un oubli effrayant qui le laissant pantois, hésitant et affreusement démuni. Néanmoins, il parvint à se remettre et retira avec lenteur sa main qui vint s’échouer le long de son corps tandis que son sourire s’effaçait doucement laissant place à une moue d’excuse sincère alors qu’il jetait un regard presque paniqué autour de lui. Était-il le seul à voir une telle détresse en elle ? Était-il le seul à désirer soudain lui porter secours alors qu’il ne la connaissait en rien, que sa vie ne le regardait en aucun cas et qu’il aurait mieux fait de s’éclipser au plus vite ?

    « Je… »

    Silence, confusion… L’inconnue venait de répondre à sa question enjouée dans un soupir si fragile que Nathaniel crut avoir mal entendu alors qu’un soudain éclat venait naître au coin de son œil pour glisser le long de sa joue. Un geste fugitif et il disparu néanmoins, l’inconnue ne fut pas suffisamment rapide pour que ce dernier échappe au regard du jeune homme. Une larme. Personne ne devrait avoir le droit de pleurer dans un lieu où la bonne humeur et la joie emplissait l’atmosphère d’un bonheur si vaste qu’il en devenait presque palpable. Nathaniel se reprit alors et, dans un geste de lenteur se recula légèrement tout en prenant soin de garder ses mains le long de son corps de crainte qu’elle n’interprète mal un de ses gestes.

    « Mes excuses je ne pensais pas vous effrayer et… »

    Il se tut de nouveau sans savoir comment agir face à pareille situation pour finalement reprendre sur un ton plus doux qui se voulait rassurant :

    « Je vais vous laissez à votre consommation pardonnez encore ma boutade elle était mal venue. »

    Il adressa à l’inconnue un timide sourire, résista à l’envie de demeurer auprès d’elle, de comprendre ce qui n’allait pas pour finalement commencer à faire demi-tour s’insultant en pensée de sa tendance à toujours vouloir se montrer trop enjoué avec autrui. C’est étrange comme ça faisait mal parfois d’être heureux…
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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Mer 5 Jan - 7:50

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    Il s'excusa. Je voulus relever la tête et lui dire que ce n'était pas de sa faute, qu'il n'y était pour rien. Au contraire. J'aurais voulu le remercier et discuter avec lui un petit moment, même si la peur prédominait. Après tout il avait essayé de me faire sourire. Mais quand je relevais les yeux, il était déjà partis et au plus profond de moi, sous des couches de douleurs sans noms, je m'en voulais. Même si sa tentative avait été vaine, il avait essayé. Je le cherchais des yeux mais ne le vit à aucun moment. Je soupirais et bus une gorgée de mon cocktail. Son intervention était peut-être mal venue, mais il avait voulu venir et la seule que j'avais pu faire c'était me tendre et prendre peur, alors qu'il voulais seulement discuter. Je soupirais et tournais ma paille dans mon verre, faisant taper les glaçons contre le bord. Il avait été le seul à remarquer mon mal-être et je l'avais fais fuir. Je finis mon verre d'une traitre, énervée après moi-même. Je n'étais qu'une idiote, une imbécile. Je jetais de l'argent sur la table pour payer ma consommation, attrapait mon sac à main et partis en direction des toilettes. Je poussais la porte et rentrais. Il n'y avait personne. Je rentrais dans une cabine et baissant la lunette je m'assis. Mon sac tomba à mes côtés, s'ouvrant et répandant mes maigres affaires sur le sol blanc des toilettes. Je les regardais sans les voir. Je sentais les larmes qui coulaient le long de mes joues. Une, deux, trois, quatre … Elles ne s'arrêtaient plus. Elles coulaient, lacérant ma peau, laissant des marques indélébiles sur mes joues. Je souffrais. De tout et de rien. J'étais brisée, blessée, détruite, anéantie, seule. Mes larmes continuaient leurs chemins sinueux sur mes joues. Une violente nausée me prit et j'eus à peine le temps de me retourner pour vider le faible contenu de mon estomac dans les toilettes.

    Combien de temps restais-je assise là ? Combien de secondes, de minutes, d'heures étaient passées sans que je ne m'en aperçoive ? Combien de personnes étaient rentrées et étaient passées devant sans savoir que j'étais là ? Toujours des questions sans réponses. Toujours des larmes qui coulaient sur mes joues et jamais de sourire sur mes lèvres. Toujours de la douleur et jamais de paix. Je rouvris mes yeux. Je ne me rappelais pas les voir fermé. Comme je ne me rappelais pas avoir glissé le long d'un mur. Je me relevais difficilement et regardais mes affaires au sol. Je me mis à genoux et les ramassais en prenant mon temps. J'avais envie de rester seule ici. Je ne voulais retrouver la salle remplie de monde. Je n'avais pas envie de voir ses gens rires et s'amuser alors que je pleurais et que je souffrais. Je voulais boire pour oublier, mais j'avais tellement peur de me réveiller dans un lit que je ne connaissais pas avec un homme à mes côtés. Je remis mes biens dans mon sac, le fermais et me relevais en me tenant au parois. Ma tête tournait, ma vision était embuée de larmes. Mes cheveux ne ressemblait plus à grand chose tellement mes mains étaient passées dedans. J'essuyais mes joues et ouvris la porte. Deux blondes discutaient là, tout en se remaquillant. Elles s'arrêtèrent et me dévisagèrent sans aucune gêne. Je n'avais pas envie de les envoyer paître. Je voulais juste me débarbouiller et rentrer chez moi. Je m'avançais lentement vers les lavabos et allumais l'eau. Je m'aspergeais le visage d'eau froide. Je restais un long moment dans cette position, les yeux clos. J'étais si lasse et fatiguée. Je me relevais et m'essuyais avec du papier. La première fille s'avança vers moi en tenant quelque chose dans ses mains.

    Première fille Tiens. C'est pas grand-chose mais, ça évitera de voir que t'as pleurer.

    Je pris ce qu'elle me tendais en lui faisant un petit sourire, et regardais le petit pot. Elles sortirent alors que mes yeux étaient toujours posés dessus. Je secouais la tête et tendis mon bras vers la poubelle. À quoi cela allait-il me servir ? Je me moquais du regard des autres sur moi. Pourtant, j'arrêtais mon geste. Je resserrais mon point sur le petit pot et le remontais devant mes yeux. Après tout pourquoi pas ? Je l'ouvris et la texture me fit plisser le nez. Je le sentis. Bon, au moins l'odeur avait l'air à peu près potable. Je m'étalais la crème autour des yeux, massant bien comme c'était indiqué sur la notice, collée sur le contenu. Après avoir fini, je jetais le pot dans mon sac et me rinçais les mains. Je ne sais pas ce que c'était sensé faire, mais en relevant les yeux et en me regardant dans le miroir, je vis que mes yeux étaient moins rouges et moins bouffis. Je séchais mes mains et essayais de remettre mes cheveux en place. Rien à faire. Ils ne voulaient pas redescendre. Je soupirais et reprenant je sortis. Je balayais rapidement le tour du lieu des yeux, espérant que le jeune homme au sourire, ne soit pas partie. Je le vis, accoudé au bar. J'esquivais un bref sourire et m'avançais dans sa direction, évitant les contacts au possible. J'arrivais à côté de lui. Il n'avait pas l'air de m'avoir vu. Je tapotais son épaule gauche, mon coeur tambourinant fortement dans ma poitrine, à tel point que j'avais l'impression qu'il allait sortir de là. Je passais à droite posant mon sac sur le comptoir, quand il tourna la tête à gauche pour voir qui venait le déranger. J'eus un petit rire en m'installant.

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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Sam 22 Jan - 23:12

  • Ses mains caressèrent doucement le bois fatigué de son éternelle amie avec qu’ils ne viennent à glisser lentement sur les cordes qui, secondes après secondes, laissaient s’échapper un son mélodieux qui venaient tarir le vacarme des voix et des rires se rencontrant dans un infini brouhaha. Bientôt, des dizaines de regards se braquèrent sur le visage apaisé et concentré du jeune homme qui, les paupières mi-closes laissait le loisir à ses lèvres d’esquisser un sourire tranquille. Tous écoutaient et durant les trois minutes que durèrent la mélodie Nathaniel eu la sensation exquise de devenir pour ces inconnus quelqu’un. Car par ses doigts il faisaient exister la musique, il faisait naître l’Argentine lui qui pourtant, était né dans le faste d’une vie américaine. Mais, aujourd’hui, avec sa barbe de trois jours, ses cheveux ébouriffés et son teint à la saveur de soleil Nathaniel devenait comme eux. Un argentin qui permettait à son pays de vivre entre ses doigts. Et il se sentait si ému, si heureux de faire partir de ce monde que, le temps d’un instant, il crut que ses yeux allaient laissés s’échapper une seule et unique larme. Il n’en fut rien. Sa mélodie s’acheva et, relevant la tête, il observa tour à tour chaque homme et femme qui l’observait souriant chaleureusement comme si il venait de leur offrir le plus beau des cadeaux. Humble, Nathaniel leur rendit leur sourire avant de porter sa main sur son cœur et de s’incliner très légèrement en avant. Cela suffit. L’infernal tempête des voix reprirent, les gens trinquèrent à cette nouvelle journée qui s’effilochait déjà laissant loisir à Nathaniel de reprendre sa musique qui, cette fois-ci, entraina les premiers hommes et femmes au sang alcoolisé sur la piste de danse.

    Les heures s’effritèrent doucement sans que Nathaniel ne cesse une seule fois son jeu. Son sourire éternellement figé sur ses lèvres il se laissait porter par l’ivresse de sa musique tout en permettant à ses yeux de voler de visage en visage, de sourires en sourires sans pour autant s’y arrêter une seule fois. Il la cherchait encore, cette jeune femme au regard humide et à la lèvre tiède. Néanmoins, il était temps de se rendre à l’évidence. L’inconnue c’était enfuie depuis longtemps et il n’aurait sans doute jamais le loisir de la recroiser, de tenter ne serait-ce qu’une seconde approche afin d’enfin comprendre quelle atroce douleur pouvait ainsi lui sérer le cœur. Un soupir franchit la barrière de ses lèvres alors que ses doigts s’agitaient sur les cordes, envoyant un son suave et sensuel appelant à la pratique du tango. Pourquoi cette inconnue attirait à ce point sa curiosité ? Oh certes, il haïssait plus que tout voir ne serait-ce qu’une ombre de douleur dans le regard d’un individu cependant, il ne pouvait être le sauveur du monde alors… Autant l’oublier et la laisser continuer de vivre tranquillement n’est-ce pas ?

    Un regard s’ensuivit d’un geste et Nathaniel comprit qu’il était enfin l’heure pour lui de ranger sa compagne au bois usé. Fatigué mais entièrement comblé par cette nouvelle journée de travaille il ne se fit néanmoins pas prié et se hâta de ranger sa guitare dans son modeste étui avant de rejoindre son patron posté derrière le bar. Ce dernier, s’il fut ce matin aussi hautain qu’arrogant arborait à présent un large sourire tandis que dans ses yeux brillait une lueur joyeuse.

    « Bravo mon gars ! Je n’ai eu que des compliments sur toi aujourd’hui j’crois que, finalement, tu vas faire l’affaire. »

    S’exclama-t-il dans un rire gras alors qu’il finissait dans un geste rapide et précis de faire un cocktail à l’un de ses clients. Nathaniel quand à lui, se contenta de lui répondre par un sourire avant de s’accouder au bar et de passer une main dans ses cheveux. Il avait chaud, rêvait d’un bain glacial tout en songeant qu’il serait peut-être bon d’aller dormir au bord de l’eau ce soir avec pour seul compagnon les murmures des vagues et le chant silencieux des étoiles. Un sourire rêveur se dessina sur ses lèvres à cette simple pensée alors qu’il demandait à son patron un verre d’eau glacé que celui-ci lui offrit aussitôt sans pouvoir s’empêcher de rajouter :

    « Et ba, c’est bien la première fois que je ne vois pas un de mes guitaristes terminer sa journée par un bon cognac. »
    Nate sourit légèrement :
    « Cela fait bien longtemps que je n’ai plus touché à l’alcool. »
    Lèvres pincés, regard dur et perdu dans la vague autant de signes qui fit penser à son patron qu’il serait plus aisé de ne rien rajouter aussi retourna-t-il vaquer à ses occupations laissant au bar pratiquement vide à présent le jeune homme qui demeurait immobile sentant s’abattre sur ses épaules toute la fatigue et la pression accumulée ses derniers jours retomber sur lui. Aussi est-ce pour cela qu’il mit pas loin de trois secondes à réagir lorsque une main se posa sur son épaule gauche. Haussant un sourcil il se retourna subitement cherchant des yeux celui ou celle qui venait l’importuner lorsqu’un rire léger et timide raisonna à ses cotés. Nate se retourna à nouveau et son regard usé mais éternellement brillant d’une certaine chaleur se posa sur ce visage ovale qu’il avait eu loisir d’observer en début de matinée. Ainsi l’inconnue n’était pas partie ou alors elle était revenue quoi qu’il en soit, elle était là et Nate ne put s’empêcher de sourire à nouveau bien qu’il se garda cette fois-ci de faire le moindre geste qui aurait put l’effrayer.

    « Moi qui craignais de ne plus vous revoir… J’espère que cela signifie que je ne suis pas si effrayant que ça. »

    Lança-t-il sur un ton espiègle et taquin sans se départir de son sourire qui camouflait que trop mal la soudaine fatigue dont il était victime.

    « Puis-je vous offrir quelque chose à boire ? Vous m’avez l’air quelque peu retourné. »

    Ajouta-t-il tout en portant sur elle un regard prononcé. La jeune femme avait en effet des yeux bien petits et sa folle chevelure dessinait autour de son visage angélique de nombreuses vagues que les doigts de la jeune femme auraient eu bien du mal à dompter.


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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Dim 23 Jan - 8:27

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    Je le regardais un petit moment. Il n'avait pas l'air méchant, ni fou. Je ne devais rien risquer en sa présence et pourtant je mourrais de peur. J'avais difficilement ma salive et m'installais à ses côtés. Il avait vraiment l'air crevé. Peut-être que je devrais rentrer chez moi et lui foutre la paix. Il ne voulait peut-être pas qu'une ado de dix-neuf ans vienne lui taper la discut'. Enfin si c'était le cas, il serait sûrement déjà partie. Normalement. Ou alors il ne voulait pas me blesser et se forçait à rester avec moi. Je passais une main dans mes cheveux, essayant de les dompter un peu plus. Rien à faire, ils ne voulaient pas m'écouter. Je fouillais dans mon sac et en sortis un élastique. Je les remontais en un chignon assez lâche sur le haut de ma tête. Quelques mèches brunes et bouclés caressaient mes joues blanches.

    Alaska Humpf. Je sais pas trop. J'sais même pas s'il y a une limite d'âge pour boire de l'alcool. On va dire un cocktail sans alcool, alors ?!

    Je souris à mon voisin. À Londres, on pouvait boire. Enfin, du moins pour les filles dans la boite. Même si on avait pas l'âge. Même si on était pas majeure. Ça, ça me manquait. Je buvais plus que nécessaire, mais je n'étais pas alcoolique. Enfin, je crois. J'arrivais à m'arrêter quand je le voulais et à ne pas être complètement torchée. Et puis j'avais des années de pratique, alors il fallait plus qu'un verre de whisky ou d'autre chose, pour que je ne tienne plus debout. Le serveur me ramena mon verre et je sentis mes muscles se tendre. J'essayais de ne rien laisser passer sur mon visage, sinon il allait penser que j'avais un vrai problème avec lui. Quelque part, c'était ça. Mais pas en sa personne, plutôt envers les hommes. Je fermais les yeux et essayais de me calmer. Il n'y avait presque personne au comptoir et j'arrivais à garder un semblant de calme. Je pris une gorgée de ma boisson et la reposais, jouant avec la touillette qui était dans le liquide.

    Alaska Tu me donnerais quel âge ? Au fait, je suis Alaska et encore désolée pour mon manque de … réaction ? Enfin, pour tout à l'heure. Mais on va dire que les bars c'est pas tellement mon truc, mais j'avais envie de sortir, donc bah, je suis venue. Puis j'ai vue qu'il y avait un petit concert de musique, alors j'me dis « Pourquoi pas ? Au moins ça passera le temps. »

    Je me mordis violemment la langue et fronçais les sourcils. Quand, je sentis un liquide couler dans ma bouche, je plissais le nez et avalais le sang qui sortais de la plaie que je venais de me faire. Est-ce que je mettais sur fort, que je n'avais même pas ressenti la douleur ? Étais-je dans un tellement merdique que je ne ressentais plus rien ? Je posais ma main sur le verre et le portais lentement à mes lèvres. J'en bus quelques gorgés, et j'avais l'impression d'être de retour quelques années auparavant, dans ce bar de Londres. Dans ces moments que je détestais, dans cette endroit que je détestais. Tout était en place, pour un retour dans le passé. Tout était là. Cette musique en fond sonore, les gens qui discutaient, l'alcool qui était présent, mais pas trop. Un peu comme si on voulait le cacher. Je reposais brutalement mon verre et faillis m'étouffer. Je commençais à tousser bruyamment et je sentis une main me tapoter le dos. Je ne savais pas qui c'était, mais je me tendis brusquement. Je fermais les yeux, priant pour qu'on ne vienne pas me chercher. Je ne voulais pas y retourner. J'étais encore un peu trop consciente. Je tâtonnais à la recherche de la seringue. Elle n'était pas là. Je rouvris les yeux et balayais le comptoir, à sa recherche. Elle n'était pas là. Je commençais à paniquer quand je ressentis une main sur mon épaule.

    Alaska C'est bon ça va, j'arrive ! Deux minutes !

    Je dégageais rapidement mon épaule et me retournais, prête à partir. Sauf qu'il n'y avait personne derrière moi. Je regardais autour de moi. Ce n'était pas le bar. Où étais-je ? J'essayais de fouiller dans ma mémoire, mais rien ne me revenait. Je fermais les yeux et me remis face au bar. Je pivotais la tête sur la gauche et tombais sur mon voisin, au regard inquiet. Je pris ma tête dans mes mains en soupirant, à deux doigts de pleurer. Mais qu'est-ce qui venait de se passer ? J'avais fais un bond dans le passé et je pensais être à Londres. Je luttais difficilement contre mes larmes, et je savais que le combat était d'ors et déjà perdu. Un unique pleure roula sur ma joue et je m'empressais de l'essuyer.

    Alaska Désolée, je sais pas c'qui m'a prit. Mais c'était … enfin … je … désolée de t'avoir parlé comme ça. Je … je t'ai pris pour quelqu'un d'autre.

    Je mordis ma lèvre en fermant les yeux. Ma réaction avait été débile, mais je détestais quand les clients me pressaient et à priori j'avais pris mon voisin pour un de ces clients, alors qu'il devait juste essayer de me ramener sur terre ou de m'empêcher de mourir étouffer sur le sol. Je finis mon verre d'une traite et en redemandait un autre, préférant cette fois un whisky-coca. Et puis si on me demandait ma carte, je n'aurais qu'à la montrer et dire que je ne savais pas. De toute façon, j'avais encore quelques restes de mon accent anglais.

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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Sam 29 Jan - 2:57

La jeune femme ne semblait pas véritablement apte à se détendre. La mâchoire éternelle crispée dans l’ombre d’un sourire forcé elle présentait tous les signes d’une victime prête à fuir ou en attente d’un coup qui ne viendra jamais. Il la sentait effrayé aussi ne pût-il s’empêcher de se demander pourquoi elle assistait à demeurer auprès de lui. Après tout, rien ne l’obligeait à engager la conversation et si la peur liait ses muscles dans une étreinte insupportable n’aurait-il pas été plus aisé de sortir de ce bar ? Nate passa une main dans ses cheveux, cachant son trouble tout en portant sur l’inconnue un regard qu’il espérait dénué de toutes interprétations malsaines. Elle était superbe. Son visage se dessinait en de douces courbes harmonieuses alors que la pâleur de sa peau tranchait curieusement avec le brun chocolaté de ses cheveux bouclés. Belle, jeune et pourtant… Elle rappelait à Nate l’image d’une enfant terrorisée qu’il avait un jour trouvé sous la pluie. Seule et perdue la demoiselle ne devait pas avoir plus de 13 ans et pourtant son regard à la fois si fixe et fuyant lui faisait paraître beaucoup plus vieille. A la veille de sa vie et une partie de son être semblait déjà éteinte et c’est cette ombre, ces cauchemars qu’il lisait si aisément dans son regard hésitant entre le noisette et le vert qui faisait tant frissoner Nathaniel.
Et elle vint finalement à s’installer à ses côtés répondant à sa question sur un ton précipité comme si ses mots lui permettait de demeurer attacher à la réalité et de contrôler cette panique sommeillant en elle et qui, à chaque instant menaçait de la faire sombrer. Discret, et surveillant chacun de ses gestes Nate décida alors d’adopter une nonchalance feinte se retenant de faire le moindre geste qui aurait put l’effrayer. L’écoutant, il demanda au serveur de leur apporter un coktail ainsi qu’un café bien serré pour lui sans pour autant quitter la jeune femme des yeux. Son comportement l’intriguait, elle lui semblait si fragile qu’il se sentait désireux de la protéger, de la retenir aux griffes de la réalité, de l’empêcher de sombrer. Le serveur revint apportant leur consommation et, une fois de plus, Nate pût sentir cette crispation étrange si bien qu’il en vaint à la conclusion que les hommes devaient l’effrayés.
Portant le liquide bouillant à ses lèvres Nate écouta ce nouveau flôt de paroles arriver jusqu’à lui auquel il répondit calmement, posément comme s’il espérait que cela puisse l’apaiser.

«  Et bien je te donnerai 19 ou 20 ans tout au plus et ne t’en fais pas pour tout à l’heure, je n’aurais pas dût m’imposer ainsi et je m’en excuse à nouveau. »

L’ombre d’un sourire chaleureux se dessina sur ses lèvres, sourire qui disparu néanmoins bien vite lorsqu’il observa un brusque froncement de sourcil de la part de la fameuse Alska. Surprit, Nate demeura au début sans bouger en venant même à hésiter à prendre la parole jusqu’à l’instant où la jeune femme manqua de s’étouffer en avalant son coktail. Réagissant par automatisme, Nate tapota son dos espérant calmer sa crise mais ce geste eu l’effet escompté. Pour la jeune femme, la réalité sembla s’effacer et Nathaniel se retrouva confronté aux délires d’Alsaka qui semblait vivre un cauchemar sans même parvenir à s’en rendre compte. Nate se sentit devenir invisible, inexextant alors que la demoiselle luttait contre ses démons invisibles en venant même à rejeter la main de Nate qu’il venait de poser dans un geste désespéré mais emplit de douceur sur son épaule. Ca va j’arrive ! Lança-t-elle sur un ton brusque, énervé et à la fois paniqué ce qui figea Nate dans une stature surprise et gênée.
Silencieux, Nate opta alors pour l’immobilité tâchant de retenir le moindre geste et laissa peu à peu la demoiselle revenir à la réalité. Cette dernière se retourna alors, cherchant du regard un danger invisible avant de poser sur Nate un regard perdu, noyé de larmes tandis que l’une d’elle, traitresse, parvenant à s’échapper de ses yeux roulant néglimament le long de sa joue pâle avant d’être balayé par un unique geste de sa main.
Alaska s’excusa, troublée et nerveuse avant de demander un wyski-coca comme si l’alcool pourrait la sauver de l’horreur dans lequel elle fut, le temps d’une seconde, plongée.

« Je… Ne t’inquiète pas ce n’est pas grave mais… »

Il se tut et lui adressa un regard désolé. Encore une fois Nate se sentait désarmé, incapable de trouver les bons mots ou les bons gestes qui auraient pû sauver Alaska de la tourmante.

« Ecoute je ne suis pas capable de comprendre ce qui se passe mais… Je ne pense pas que boire sois une solution, tu n’aimes pas les bars alors… Que dirais-tu d’aller manger un morceau ailleurs ? Je connais un resto pas trop cher et sympathique où il n’y a pas trop de monde. »

Il reprit son souffle conscient du débit incroyable de ses mots traduisant que trop bien son malaise et son désir de lui apporter de l’aide comme si cela était véritablement possible.

« Et enfaîte, je m’appelle Nathaniel mais appelle moi Nate et puis… Je doute que tu puisses faire confiance à un quasi inconnu mais je te jure qu’il ne t’arrivera rien, je ne le permettrai pas. »

Impulsions stupides. Il venait d’offrir à Alaska sa protection espérant bêtement qu’elle l’accepterait alors qu’il représentait pour elle un danger et que ces moindes gestes pourraient être interprêté de la mauvaise manière. Mais peu importe, il lui fallait tenter le tout pour le tout car il n’était pas dans ses habitudes de laisser une personne perdue dans son mal être aussi important puisse-t-il être.


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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Sam 29 Jan - 4:33

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    Il semblait perdu dans ses pensés quand je lui avais demandé quel âge il me donnerait. Il porta son café à ses lèvres et j'en fis de même avec mon cocktail. Le liquide froid glissa le long de ma gorge. Eurk. C'est dégeux ce truc ! Je reposais le verre en grimaçant. Je déglutis plusieurs fois pendant que mon voisin me répondait. Bon, j'allais quand même le finir. Après tout, je venais de le payer, mais à l'avenir j'éviterais de prendre un truc ici. Un léger sourire envahit mes lèvres, mais il disparut trop rapidement.

    Alaska Bien vu, j'ai dix-neuf ans.

    Un sourire envahit ses lèvres, mais quand il remarqua mon froncement de sourcils, il disparut. Je n'avait pas senti la douleur et ça, ça me faisait peur. Étais-je si perturbée au point de ne plus me rendre compte que je n'étais pas à Londres ? Qu'il n'était pas un client, mais juste une personne qui avait essayé de me redonner le sourire ? Venais-je vraiment de faire un bond dans le passé et de me revoir là-bas ? L'avais-je pris pour une autre personne. Au vue de sa tête, je dirais que oui. Je bafouillais des excuses et essuyais l'unique larme qui avait roulé sur ma joue. J'avais demandé un whisky-coca. Oui l'alcool ne résout pas les problèmes, mais merde ! Il commença à parler, mais s'arrêta. Je tournais la tête dans sa direction et je le vis me lancer un regard d'excuse. Je fronçais les sourcils. Alors là, non ! Hors de question qu'on s'excuse ou quoi que soit ! Si je n'étais pas capable de gérer moi-même mon passé, c'était mon problème mais il n'avait pas à s'excuser de mon attitude ou autre. Ou alors, il avait compris que j'avais et une vie merdique au possible, et il s'excusait de ça. J'allais rétorquer quelque chose quand il me coupa l'herbe sous les pieds. Il reprit à peine son souffle et ré-enchaîna, ne me laissant pas le temps de répondre. Son ton rapide voulait tout dire. Il voulait m'aider. À quoi je ne sais pas, mais il voulait m'aider.

    Alaska J'aime bien Nate. Ça me fait penser aux nattes dans les cheveux. Effectivement personne ne peut comprendre ce que j'ai vécu pendant dix-huit ans.

    J'avais été un peu plus froide que ce que j'aurais voulu. Mais la vérité était là. Personne ne pourrait comprendre. Pourtant j'appréciais le fait qu'il essai de me rassurer, de me dire qu'il ne m'arriverait rien tant qu'il sera là. Mais je n'arrivais pas à me détendre. Pourtant Nate avait l'air d'être une personne vraiment très gentil et très douce. Je fermais les yeux et vidais mon verre d'une traite.

    Alaska Désolée. Je voulais pas être aussi froide, mais je n'aime pas trop quand les gens essaient de comprendre ce que j'ai traversé. Tant que tu n'as pas été battu pendant treize ans par un homme, que tu n'as pas connu la rue pendant un an et que tu n'as pas été violé et obligé de te prostituer pendant deux ans, tu ne peux pas comprendre.

    Je regardais le fond de mon verre, j'avais parlé tellement bas que j'ignorais si Nate m'avait entendu et puis j'avais fais un mélange d'anglais et d'espagnol. Mais il était la première personne au courant. Et je n'aimais pas le fait que quelqu'un sache pour moi. Je fermais les yeux et me mordis les lèvres. Je me relevais, comme anesthésiée. Je finis mon verre debout, une main posée sur le comptoir. Je récupérais mon sac et fouillais à l'intérieur, à la recherche d'un peu de monnaie pour payer. Je tournais la tête vers Nate, qui n'avait pas bougé.

    Alaska Tu as raison. J'aime pas les bars, y a trop de monde. J'ai l'impression d'étouffer. Est-ce qu'il y a des pizzas dans ton resto ? Et promis, y a pas grand monde ?

    Je récupérais ma veste et l'enfilais lentement. Je n'avais nul part, je me sentait juste fatiguée et affreusement humiliée. Et bien sûr pas rassurée pour deux sous. Pourtant, quelque chose dans l'attitude nonchalante de Nate me rassurait. Quelque chose me disait qu'il n'allait rien me faire, bien au contraire. J'avais cette impression qu'il me protégerait, sans jamais rien tenter. Je récupérais mon sac que j'avais posé au sol et partis en direction de la sortie. Je ne savais pas s'il me suivait ou pas. Mais je gagnais la porte sans toucher personne. Autant dire que j'étais plutôt fière de moi. J'ouvris la porte du bar et rejoignis la rue. Je me tournais vers le bâtiment que je venais de quitter et attendis le jeune homme.

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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Jeu 3 Mar - 0:38

Qu’il était con de vouloir toujours sauver le monde. A croire que c’était plus fort que lui et pourtant il n’aurait pas été bien difficile de détourner les yeux et d’oublier sa présence non ? Pourquoi les absences de sourires et les larmes avaient le don de l’attirer ainsi ? A croire que Nate aimait se donner comme but de redonner le sourire à ceux qui n’en ont plus si bien qu’il se retrouvait que trop souvent dans des situations comme celle-ci. Monsieur Crawn devenait un bon samaritain, le sauveur de ses dames et se voyait confronter à une histoire terrible et à une jeune femme si perturbée que, plusieurs fois, Nate eu envie de partir en courant. Mais son regard demeurait scotché à son visage enfantin dont la fixité du regard offrait un paradoxe étrange avec sa jeunesse. 19 ans et déjà le regard d’une vieille femme usée et désabusée. Injustice. A 19 ans on volait normalement de conquête en conquête, on goutait à la vie sans se prendre au sérieux, traversant l’existence avec aux lèvres un éternel sourire de joie. Les problèmes, les responsabilités et tout le blabla ça devait venir ensuite, en grandissant mais à 19 ans. Non ? Quoi non ? N’y avait-il que lui pour se borner à vivre ainsi ? Était-il le seul à vouloir continuer de vivre son enfance sans se prendre au sérieux ? Bordel mais pourquoi ? Pourquoi fallait-il que l’être humain ne puisse échapper au tourment de l’existence ? Nate en avait envie de hurler, une colère si subite et étrange qu’il sentit ses doigts se crisper autour de son verre d’eau alors que la jeune femme vidait d’une traite son verre de whisky coca. Nate haussa un sourcil. Une sacrée buveuse sans doute, une habituée du remède imparable pour oublier le temps d’une nuit que ta vie est merdique et que demain tu retrouveras cette même merde sans pouvoir rien y faire. Mensonges… Il est tellement plus aisé de se mentir pour parvenir à endosser les douleurs de l’existence. Tellement plus simple de boire ou de se droguer à outrance, de devenir sous-merde en espérant que la nuit finira bien par nous emporter pour toujours. Nathaniel avait connu cela également et il souvenait comme si c’était hier de ces journées à trainer, à écumer les villes à la recherche de sa dose qui le poussait peu à peu vers l’ultime limite de l’état d’homme à celui de bête affamé ne parvenait plus à réfléchir tant ses neurones sont grillés, bousillés, écrasés. Nate avait aimé se détruire. Il avait adoré sentir la drogue pulser dans ses veines lui insufflant une énergie nouvelle qui le faisait se sentir surhomme. Il avait vibré au son de la musique lorsque l’alcool à trop forte dose jouait de son corps et l’empêchait de réfléchir lucidement si bien qu’il finissait le plus souvent dans des états plus que déplorables. Et puis… Venait les overdoses et les comas éthyliques. Combien de fois frôla-t-il ainsi la mort ? Des dizaines peut-être plus avant qu’il ne décide enfin d’arrêter, de tout quitter et de repartir à zéro. La rue c’est l’école des durs à cuir. Mensonges. La rue ça te détruit un jour où l’autre mais le plus abominable c’est qu’une fois qu’elle te tient tu ne peux lui échapper, tu finis toujours par lui revenir et Crawn en savait quelque chose. La rue, il ne l’avait jamais vraiment quitté.
La jeune femme reprit la parole et Nate sursauta légèrement. Il c’était encore une fois enfuie dans ses souvenirs si bien qu’il fut presque surprit de l’entendre lui répondre ainsi. Un ton froid presque cinglant comme si elle tentait de répondre à une attaque qui ne c’était jamais produite. Un autre homme aurait pu s’en sentir vexé, quelqu’un d’autre serait partie laissant Alaska dans sa souffrance, quelqu’un d’autre oui, pas Nate. Buté peut-être quoi qu’il en soit il demeura figé au bar alors qu’elle reprit la parole d’une voix si faible qu’il du tendre l’oreille pour comprendre. Mélange d’anglais et d’espagnol. Rue, violé, 18 ans… Voilà tout ce qu’il comprit néanmoins cela suffit pour qu’il comprenne enfin d’où venait sa frayeur pour les hommes. Gêné Nate détourna un instant le regard avant de plonger ses yeux gris acier dans les siens.

« Tu as raison, personne ne peux comprendre et ça tombe bien parce que honnêtement, je ne connais personne qui aimerait comprendre ce que tu as vécu. »

Changement de tactique, Nate optait à présent pour l’autodérision et la provocation. Oh oui, il entendait parfaitement qu’elle souffre néanmoins cela n’était pas une raison pour lui parler aussi sèchement et puis, il fallait savoir dédramatiser, ce détacher des choses vécues quand bien même ces dernières fusent-elles terrible pour parvenir à se soigner et à avancer. Bon, peut-être n’était-il pas très fin psychologue sur ce coup là mais… Qui ne tente rien n’a rien n’est-il pas ?

« Il y a des pizzas et je te le jure il n’y a pas grand monde. »

Car ce restaurant était plus connu pour ces soirées le soir et pour les danseuses qui venaient s’y produire mais de cela Nate ne lui en toucha mot. Le jour, ce restaurant était dès plus calme et Nathaniel connaissait très bien le gérant pour lui avoir rendu plusieurs fois quelques petits services plus où moins légaux. Informant le patron de son départ, Nate rejoignit rapidement Alaska et lui indiqua l’endroit où il se rendait avant de passer devant de manière à ne pas se tenir trop près d’elle. Ils leur faillirent quelques minutes pour rejoindre le restaurant dans lequel ils furent accueillis par une grande tape dans le dos du gérant.

- Bon sang ! Ca faisait longtemps que je n’tavais pas vu mon gars et te voici en charmante compagnie cachotier va !
- Ca va, ça va, laisse faire et sers-nous plutôt à boire veux-tu ? Verre d’eau pour moi et whisky coca pour la demoiselle, merci.

Nate ne laissa pas le temps au patron de répondre et alla s’installer au fond du restaurant en jetant un regard désolé à Alaska.

« Il est un peu brusque et ours sur les bords mais… Enfin désolé, je ne pensais pas qu’il nous accueillerait avec autant de… Joie. »

Nate ne put s’empêcher de sourire alors qu’il jetait un regard sur le ventre rebondit du patron. Un « bon vivant » dirions nous qui magouillait tranquillement dans son coin et pour qui les affaires n’avaient jamais été aussi bonne. Nate soupira, lui qui aurait voulu coupé définitivement les ponts avec tout ça se retrouvait toujours dans des plans foireux à devoir bosser pour des charlatans de première. Parfois, il s’en voulait, regrettait réellement d’être ainsi jusqu’à l’instant où il songeait à tous ses avenages. Certes, la vie n’avait rien de bien simple, ne pas rentrer dans les codes et les coutumes agaçaient bons nombres de personnes mais, au moins, il demeurait libre, véritablement libre et pour rien au monde il n’aurait un jour changé cela…

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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Jeu 3 Mar - 15:18

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    Au ton de sa voix, je m'étais redressée. Pas de manière violente, mais lentement. Mes épaules c'étaient relevées et mes omoplates se touchaient presque. Je pris une grande inspiration et détournais le regard ses yeux gris acier me déstabilisant complètement. J'avais l'impression de revoir mon tuteur face à moi, ce fou furieux. Je déglutis et contemplais mon verre le trouvant plus qu'intéressant à l'instant même. Je sais que je devais tout faire pour me tirer vers le haut, mais le problème était que je n'avais absolument aucunes idées de comment j'allais m'en sortir. Je devais faire quoi ? Raconter toute ma vie à la ville entière ? Raconter tout ça à des gens qui pourraient m'aider et qui comprendraient ? J'étais perdue et j'aurais mieux fait de rester enfermée dans mon trou à Londres. Au moins, pas de soucis là-bas. Je bossais, je ramenais de l'argent. J'étais peut-être violée, mais au moins je servais à quelque chose. Je soupirais et sentis les larmes me monter aux yeux. J'en avais marre de pleurer pour rien ces derniers temps. Un moindre petit truc et hop, je me mettais à chialer comme une fontaine. Je devais peut-être aller faire deux trois tests à l'hôpital histoire de vérifier que je n'ai pas de bébés ou autre chose d'ailleurs.

    Nate me proposa de sortir et d'aller à un restaurant ou ailleurs. J'acceptais l'idée du resto, je commençais à avoir faim, j'avais faim et il avait promit qu'il n'y avait pas grand monde. J'enfilais ma veste et commençais à sortir, ayant soudainement l'impression d'étouffer dans cet espace si clos. En sortant, j'inspirais une grande bouffée d'air frais. Certes, il y avait beaucoup plus pur comme air, mais je m'en foutais. Mes poumons avaient franchement connus pires, alors ce n'est pas un peu de pollution atmosphérique qui allait aggraver leur état. Je soupirais. J'étais fatiguée et je savais que ma santé pouvait être fragile. Nate sortit du bar et m'indiqua la route à suivre. Il passa devant moi et je le suivis dans les rues argentines. Je croisais les bras sur ma poitrine et voûtais mes épaules, me cachant un peu plus derrière mes longs cheveux bruns. J'avais gardé cette habitude de Londres de me cacher quand je passais dans la rue. Je ne le faisais pas systématiquement ici, mais ça m'arrivait quand même parfois. Au bout de quelques minutes, on arriva devant le restaurant et je relevais les yeux. Un homme, plutôt bon vivant, sortit et donna une tape plutôt forte, dans le dos du jeune homme qui m'accompagnait, nous accueillis. Bien sûr, je me tendis sur la défensive et reculais d'un petit pas. Il prit notre commande et il s'avança vers le fond de la salon, sans laisser le temps au patron de répondre. Je captais un regard d'excuse de sa part et fronçais les sourcils. Je haussais les épaules à ce qu'il me dit et tirais ma chaise pour m'assoir dessus. Je retirais ma veste tout en scrutant le jeune homme face à moi.

    Alaska C'est pas trop grave. Il est comme ça, il est comme ça. Du moment qu'il ne m'approche pas de trop près, ça devrait aller.

    Je commençais à mâchouiller ma lèvre inférieur et passais une main dans mes cheveux. Je jetais un coup d'oeil autour de moi et le bar me semblait familier. Il y avait quelque chose qui faisait que j'avais l'impression d'être à Londres, au pub. Je secouais la tête. Il fallait vraiment que j'arrête de toujours tout rapporter à mon ancien métier et à mon ancienne vie là-bas. Je posais mes coudes sur la table et frottais mon visage avec mes mains. J'étais fatiguée et j'aurais mis fait de rentrer chez moi. Je laissais mon visage se reposer et fermais les yeux de brèves secondes. Pourtant, je commençais à parler, d'une voix pas trop forte, mais pas murmurée non plus. Je ressortis mon visage de mes mains et ancrais mes yeux verts dans les siens.

    Alaska Je veux m'en sortir Nate. Le problème c'est que je ne sais pas vers qui allée, vers qui me tourner, à qui parler ! Je vois une psy, mais j'ai l'impression que ce que je fais, que ce que je lui dis elle en a rien à foutre ! Elle me force à aller à des réunions de Désespérés Anonymes, pour que je parle de mon passé. Le problème c'est qu'ils sont tous là pour des histoires de suicides ou des conneries avec la drogue. J'comprends pas pourquoi ils ont fait ça, enfin j'ai pas grand-chose à dire, j'en ai abusé de celle-là et plusieurs fois j'ai faillis y rester, mais elle m'oblige à parler et quand je lui demande de l'aide, elle me fait des « hum hum » et note je sais pas trop quoi sur son carnet. Alors oui, j'veux m'en sortir mais seule, j'me rends compte que j'y arrive pas et je sais pas vers qui y aller. T’as de la morve qui est entrain de couler.

    Je retenais mes larmes avec difficultés, et une roula sur ma joue. Je l'essuyais rapidement et soufflais un grand coup. On arriva avec nos verres et je regardais le liquide. Pourquoi j'avais pas demandé un simple verre de whisky ? Je relevais la tête pour voir le serveur commencer à s'éloigner, je l'interpellais rapidement.

    Alaska Excusez-moi ? Est-ce que je peux avoir un verre de whisky à la place de ça ?

    Le serveur hocha la tête et il remmena le coca dans la cuisine et rapidement, un autre verre fut devant moi. Je regardais le liquide dedans, me concentrant dessus. Ce n'était pas faute d'en avoir vidé des verres comme ceux-là. Plusieurs par soir jusqu'à ne plus tenir debout. Un miracle que j'ai décroché de ça et de la drogue. Je passais mon doigt sur le bord et le portais lentement à mes verres. Je le posais dessus et louchais sur le fond du verre. Cul sec ou pas ? Je bus une gorgé et le reposais sur la table. Je ne sais pas si j'en aurais d'autres, alors autant le préserver. Je jetais un regard par la fenêtre et je vis un SDF faire le manche. Mes yeux se fermèrent et je détournais la tête. La rue, je connaissais. J'y avais été parce que je voulais pas me retrouver dans une famille où j'aurais été battu. J'étais pas restée longtemps dehors, mais en un j'avais eu le temps de changer. J'en avais vu aussi. Et j'avais vécu ça sans broncher, sans pleurer. Aujourd'hui, j'aurais pas la force de retourner vivre dehors. Je commençais à connaître le luxe d'un appartement, avoir un ventre plein tous les soirs, je ne pourrais pas y retourner et survivre encore à ça. Une nouvelle larme glissa sur ma joue et je la laissais tomber.

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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Sam 5 Mar - 23:39

La chaleur demeurait étouffante. Plongée dans la fournaise d’un chaud mois d’été Buenos Aires se transformait en véritable enfer pour les personnes qui se devaient de travailler tous le jour afin de parvenir à joindre les deux bouts. Voilà d’ailleurs pourquoi les rues demeuraient si vides en cette heure de la journée et Nate songea un instant qu’il serait bien également rentré chez lui. Prendre une douche glaciale, oublier les tensions de la journée et essayer d’effacer l’image de ce regard, de son regard à l’amer tristesse hanté son esprit. Le jeune homme n’avait jamais su regarder la douleur des autres en face. Il n’avait jamais su accepter celle de sa mère, ni la sienne d’ailleurs aussi est-ce pour cela qu’il préférait fuir lorsque la douleur ou le malheur menaçait de le frapper. Il en était également ainsi dans ses relations avec autrui. Il lui fallait toujours dédramatiser, faire le clown pour parvenir à refaire naître un sourire sur les lèvres de ceux qui l’aimaient mais quand il s’agissait de parler sérieusement et de chercher une véritable solution… Nate soupira discrètement et passa une main dans ses cheveux qu’il ébouriffa un peu plus au passage. Il c’était souvent dit qu’il n’était qu’un lâche. Un gamin incapable d’affronter ses propres démons et dont la perspective de vie normal l’effrayait au plus au point. Il préférait bondir de ville en ville, de rencontre en rencontre, de sourire en sourire sans jamais risquer de souffrir des maux que connaissent habituellement les gens dont la vie demeure cruellement sédentaire. Jusqu’ici il s’en était félicité, il se sentait puissant de parvenir à vivre ainsi néanmoins, plus les mois passés à Buenos Aires défilaient plus il doutait de ses choix de vie. Il avait rencontré tant de gens fabuleux ici, tant de personnalité fantastiques et hautes en couleurs qu’il doutait à présent de sa capacité à partir d’ici. Il en avait envie pourtant. Certes, l’Argentine demeurait un pays merveilleux, Buenos Aires vibrait de vie et semblait lui impulser une nouvelle jeunesse cependant rester ici c’était également courir le risque de finir par s’attacher et surtout, d’en arriver à l’instant atroce de la remise en question. Non. Sortant de ses pensées son regard gris acier vint effleurer le visage de la jeune femme. Cette dernière avait troquée son whisky coca pour un whisky pur dont elle observait à présent le liquide Aubrun. La souffrance et la peur était encore si présente sur ses traits. La fatigue également qui, cruelle, dessinait des cernes violines sous ses yeux aux reflets d’émeraudes. Nate s’écouta soupirer une nouvelle fois. Il aurait aimé posséder le pouvoir de lui faire oublier en un claquement de doigt son passé. Il aurait aimé qu’elle parvienne à se détacher de ses démons, à accepter qu’ici, avec lui, elle ne risquait plus rien, qu’elle pouvait sans risque accepter de se laisser aller, de vivre et de rire hors, il doutait à présent de parvenir à réussir cet exploit. Il y était arrivé pourtant et plus d’une fois. Sa bonne humeur contagieuse et son éternel sourire faisait sa réputation et si, jusqu’ici, offrir joie et bonne humeur à autrui lui paraissait simple et naturelle il en était tout autre avec Alaska. Traumatisée, trop traumatisée si bien que Nate ne savait plus quelle attitude adoptée tant il craignait que l’un de ses gestes ou de ses paroles soit mal interprété et fasse que la jeune femme s’en inquiète à nouveau.

Cette dernière prit la parole et son regard s’encra si soudainement dans le sien que le jeune homme en parut surpris le temps d’une demi-seconde. Néanmoins, il se reprit bien vite et, soutenant son regard l’écouta énumérer une partie de sa vie sans broncher. Une larme quitta le repère de ses yeux et d’un geste rapide Alaska la gomma une nouvelle fois. Frappé, Nate reteint un geste de tendresse et de réconfort envers elle et avala une gorgée d’eau tout en cherchant vainement ses mots.

« Je ne comprends pas… Si tes réunions chez le psy ne t’apporte aucune solution pourquoi continuer de t’y rendre ? Si le baume à ta douleur n’est pas chez elle alors cherche là ailleurs. »

Il marqua une pause, bu une nouvelle gorgée d’eau tout en jetant un regard sur la jeune femme qu’il vit pleurer une nouvelle fois sans qu’elle ne cherche cette fois-ci à retenir sa larme.

« Je ne peux pas comprendre ce que tu as vécu, je ne suis pas à ta place et je ne sais pas comment tu pourrais te sortir de là mais…Peut-être faut-il que tu acceptes que tout ce que tu as vécu appartient dorénavant au passé ? Certes tu ne peux pas oublier, le traumatisme sera toujours là mais accroche toi à des valeurs surs, ta nouvelle vie, tes amis, les gens qui sont là pour toi et en qui tu as confiance. Accepte ta souffrance, accepte tes démons, cesse de les combattre, regarde les une bonne fois pour toute dans les yeux, fait leur un gros funk et avance, continue d’écrire ton histoire et fait en sorte qu’elle t’appartienne entièrement. Tu as la chance d’être le maitre de ta nouvelle vie, ne la laisse pas passer, continue d’avancer et parvient à être fière de toi, de ce que tu es devenue et de ce que tu deviendras. »

Il se tut subitement et détourna un instant son attention sur le serveur afin que celui-ci leur apporte la carte ainsi qu’un nouveau verre d’eau. Se calant confortablement dans sa chaise Nate en profita pour se moucher avant de montrer ses narines dans une grimace hideuse à Ala.

« C’est bon elles sont propres ? »

Il se sentit sourire comme un con et reprit une attitude normale tout en espérant voir naître sur les lèvres de la jeune femme ne serait-ce que l’ombre d’un sourire.
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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Dim 6 Mar - 11:30

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    J'étouffais. Je ne sais pas pourquoi, mais je suffoquais. J'avais l'impression que j'avais dû mal à respirer, mais en fait pas du tout. Le serveur posa mon verre sur la table et je regardais le liquide ambrée. Combien de verres avais-je avalé ? Des quantités astronomique, à ne faire aucun doute. Mais pourtant, j'étais là. J'avais pris de la drogue, de l'alcool, j'avais fais des overdoses. Enfin, cette partir j'avais essayé, mais j'étais encore là. La mort ne voulait pas de moi. Pourquoi ? Parce que j'étais trop jeune ? Parce que je n'avais pas vécu ? Parce qu'elle ne voulait, tout simplement, pas de moi ? Étais-je à ce point si pathétique que je n'arrivais pas à mourir ? Je fermais les yeux et soupirais. Et puis d'abord, pourquoi je cherche ça ? Je suis partie de Londres, je devrais danser la javanaise, mais je ne pouvais pas. Je voulais, mais j'arrivais pas. En relevant les yeux, je les ancrais dans les siens. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je n'aimais pas regarder les yeux des gens quand je leur parlais. Généralement, mon regard était attaché par n'importe quoi, mais que très rarement par mon interlocuteur. Pourtant, j'écoutais. Je débitais mon monologue, sans respirer. Ma respiration était hachée et je descendis mon verre de whisky d'une traite. L'alcool pure et simple, qui brûle la gorge sus son passage. Une douleur agréable, mais brûlante. Je passais une main dans mes cheveux. Ma tête commençait à taper et à tourner. Je la secouais, voulant la remettre en place. Peine perdue. Je relevais les yeux et les promenais dans le restaurant où nous étions assis.

    Alaska Parce que je me sens à peu près bien, quand je sors d'une séance. J'ai l'impression d'être en paix avec moi-même pendant au mois cinq minutes. Quand tu es aussi tiraillé, cinq de paix ça n'a pas de prix.

    La vérité était là. J'étais calme pour un laps de temps de quelques heures, avant que les tourments de mon âme reviennent et que je retombe. C'est vrai que cinq minutes par semaines, ce n'est rien, mais j'avais l'impression de gagner un peu plus sur mes démons. De les envoyer un peu plus loin dans le fond et de les oublier, un peu. Je laissais ma larme. Je n'arrivais même plus à les retenir. Je relevais le nez en l'entendant parler. Même s'il ne savait pas ce que j'avais traversé, tout conseil était bon à prendre. Sauf que ce qu'il me disait de faire, j'essayais jour après jour, sans y parvenir. Je n'avais personne sur qui me reposer, peu d'amis, enfin rien de solitude pour m'aider. À part cette conne de psy, je n'avais personne. J'étais seule contre tous.

    Alaska Le problème est que je n'ai personne sur qui m'accrocher, Nate. J'ai passé six mois enfermé dans mon appartement ! J'avais en cours, la boule au ventre ! J'avais peur de voir le mac ou un ancien client à chaque coin de rue, je me faisais littéralement dessus quand j'entendais qu'on appelait un Daniel dans la rue. Pendant six mois j'ai refusé de sortir. Et quand j'ai enfin foutu le nez dehors, la rue était bondée et j'ai paniqué. J'avais l'impression qu'on me poursuivait et je ne pouvais pas.

    J'étais à deux doigts de pleurer et de me frapper la tête sur la table du restaurant, mais ça aurait fait mauvais genre. Je me contentais de serrer les poings. Pourquoi avais-je l'impression que ma réponse était à côté de la plaque, comme à chaque fois ? Je passais une nouvelle fois ma main dans mes cheveux. Il tourna la tête vers le serveur et le regarda un moment. Je le vis prendre je sais pas quoi et je me retournais vers le bruit que faisait Nate. C'est moi où il est en train de se moucher à table ? Je fronçais les sourcils et quand il me demanda si c'était propre j'éclatais de rire. Un vrai rire. Une larme glissa sur ma joue, mais je savais que ce n'était pas une de celle des fous rires. Non. C'en était juste une qui avait débordé de mes yeux et coulaient maintenant. J'essayais de me calmer et à la fin mon rire était plus nerveux qu'autre chose, mais ça faisait du bien. Pendant quelques secondes, j'avais ris pour de vrai. Peut-être pas avec les yeux, mais il y avait du mieux. Un début de chemin vers la fin ? Je souris à Nate et attrapais sa grande main dans la mienne, qui me semblait minuscule et incroyablement blanche. Ma manche c'était légèrement relevée et j'avais encore l'impression de voir les traces des piqûres. Je secouais la tête et essayais d'oublier cette impression que l'aiguille traversait ma peau, lentement et qu'elle injectait ce poison dans mon organisme.

    Alaska Merci Nate.

    C'était con de dire merci pour un rire sur toute une soirée. Mais j'avais comme la sensation que quoi qu'il arrive, Nate sera là et que je pourrais m'appuyer un peu sur lui. Le serveur approcha et je retirais ma main, en voulant m'éloigner. Est-ce que je pouvais demander un verre d'alcool ou non ? J'attrapais la carte que me tendais le serveur et commençais à la feuilleter rapidement. Je n'avais pas très faim, mais j'allais devoir me forcer à avaler un truc. Au moins faire en sorte que ma tête arrête de tourner comme ça. J'avais l'impression qu'un vibromasseur était venu se nicher dans mes oreilles, tellement les bruits semblaient étouffés. Je ne sais pas, je ne sais plus. Notre table est silencieuse, alors que les rares personnes ici parlent. J'ai l'impression de revenir à Londres et j'entends la musique battre dans mes oreilles. Les vibrations résonnent dans mon crâne. Je vois ma main prendre une seringue et elle traverse ma peau. Je la regarde, sans bouger. J'ai mal. Mais la voix du serveur me ramène sur terre. Je secoue la tête et regarde autour de moi, perdue. J'étais à Londres il y a deux minutes ? Il nous demande ce qu'on veut manger. Machinalement, je réponds.

    Alaska Pizza calzone.

    Je sais ce que c'est et je n'aime pas tellement ça, mais ce soir ça ira. Il s'éloigne et je regarde Nate. Je suis dans un drôle d'état, là tout de suite. Je cligne des yeux et finis par lâcher un « Et toi ? » à peine audible.

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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Lun 7 Mar - 2:03

Abandon… Parfois il serait si doux de pouvoir simplement fermer les yeux et s’oublier entièrement. Devenir ombre ou plume, se laissé porter par le vent, obéir à ses caprices et n’être rien d’autre qu’un objet bêtement déterminé par les causes alentours. Parfois, il avait bêtement rêvé de se transformer en poupée. De n’être rien d’autre qu’un pantin dont la conscience éteinte lui aurait permit de vivre sans se poser de questions. Heureux les simples d’esprits disions-nous et si cela pouvait paraitre stupide Nate ne pouvait que concevoir que, parfois, s’abandonner à l’inconscience et à l’insouciance serait le meilleur des remèdes contre la douleur ou encore la déprime. Peut-être aurait-il finit ainsi si il n’avait pas prit le choix de partir à l’âge de 15 ans. Peut-être serait-il aujourd’hui riche, à la tête d’une grande entreprise écrasant les autres de sa majesté sans se soucier de leurs souffrances. Peut-être serait-il devenu aussi cruel que sa mère, prêt à tout pour gagner de l’argent et dont le matérialiste poussif aurait peut-être fini par le tuer. Soupirant il jeta un regard à la jeune femme. Troublée, perdue, épuisée. Cette dernière jeta un dernier regard dans son verre avant de le vider, d’une traite. Ce n’était pas le plaisir de boire qu’elle recherchait mais le désir de l’oublie. Comme si l’alcool allait réellement la protéger de tout cela, comme si fuir éternellement était la solution. Fuir… Partir et vivre dans la peur éternelle que le passée vous rattrape un jour. Lâche… Nate s’entendit soupirer une nouvelle fois alors qu’il buvait une nouvelle gorgée de son verre d’eau. Il n’était personne pour juger cette femme, lui-même avait commis bien des erreurs, il continuait d’en faire d’ailleurs lorsqu’il devenait plus faible, qu’il baissait sa garde et qu’il sombrait lui aussi au désir de l’oubli. Néanmoins, la voire ainsi détruite, pareille à un animal souffrant lui faisait si mal au cœur qu’il en avait envie d’hurler. Il aurait aimé franchir cet espace qui les séparait, la prendre dans ses bras et lui murmurer à l’oreille que, quoi qu’il arrive, il serait là. Une valeur sur au milieu de la tempête, de sa tempête mais même cela il ne pouvait lui promettre. Comment dire à quelqu’un que toujours vous serez-là alors que l’ailleurs ne cesse de vous appeler ? Comment promettre amour, protection et amitié alors que vous ne désirez qu’une chose c’est conquérir le monde et ne jamais vous arrêtez de marcher ? Il passa une main dans ses cheveux, un tic plus qu’un souci de coquetterie et il remarqua qu’Alaska possédait le même défaut. Cela le fit sourire un laps de seconde avant qu’il n’entende sa voix ressurgir. Elle parlait vite et s’accrochait à son regard d’une manière si intense et brutale que Nathaniel s’en sentit presque gêné. Il y avait tant d’éléments contraires chez cette demoiselle. Entre fragilité et force, haine et soumission, elle était comme un lion en cage, une sauvageonne inaccessible qui pourtant avait cruellement besoin d’aides et de soutient.
Nate à penché la tête sur le coté à l’écoute de sa peur et de ses angoisses. Haussant un sourcil, il a bu une nouvelle gorgée de son eau sans rien montrer de ce qu’il pensait se comportant comme si les dires d’Alaska demeuraient de l’ordre de la normalité, comme si il n’y avait rien de choquant à écouter les tourments d’une fille dont le corps porterait à jamais les cicatrices du passé. Mais Nate ne voyait comment agir autrement. La plaindre n’aurait pas été une solution, la prendre en pitié non plus alors, tout ce qu’il pouvait faire c’était parler avec elle d’égal à égal, d’accepter son histoire sans chercher à la plaindre et peut-être ainsi, parvenir à lui montrer qu’il ne voulait que son bien.

« Mais il doit bien y avoir quelqu’un, une personne que tu peux appeler en dernier recours ? Tu n’es seule que si tu laisses la solitude envahir ton quotidien Alaska… »

Il prenait cela avec tant de légèreté, trop de légèreté sans doute reflet de son caractère nonchalant et sa façon de ne jamais prendre la vie au sérieux. Et, comme pour donner acte à sa pensée Nate ne se gêna pas pour se moucher devant Alaska avant de lui montrer ses narines. Et il en fut récompensé, un rire. Rire humide, mêlé de pleurs et non accompagné d’un regard pétillant mais un rire, un vrai, si véritable que Nate se sentit sourire alors qu’il prenait un plaisir manifeste à l’écouter ainsi se lâcher. D’ailleurs, Alaska le remercia, dans un souffle certes mais il sentit son cœur se gonfler de chaleur à cette écoute.

« De rien c’est gratuit et puis je dois avouer que t’écouter rire fut sans doute le plus beau cadeau que quelqu’un puisse me faire dans mon existence chaotique. »

Répondit-il sur un ton mélodramatique amusante alors qu’un sourire sincère et emplit de chaleur venait illuminer son visage fatigué.
Alaska avait prit sa main, un geste rapide auquel Nate se permit de répondre en la serrant tout doucement comme pour lui faire une promesse silencieuse qui certifiait que oui, tant qu’il serait là, elle pourrait compter sur lui et ce, en toute occasion.

Le serveur revint et Ala’ lâcha sa main tout en prenant la carte. Sans réfléchir elle prit une pizza au hasard et Nate prit le même bien trop occupée à observer le comportement de la jeune femme pour faire réellement attention à ce qu’il désirait manger. C’était étrange ces moments d’absences qu’elle présentait. Son corps se crispait, obéissant à son esprit tourmenté qui semblait la projeté bien loin du restaurant tranquille où ils mangeaient.
Elle le regardait à présent, un regard à moitié présent et Nate voyait bien qu’elle luttait pour rester ici, avec lui et ne pas céder à ses démons qui tentaient encore une fois de l’arracher aux griffes de la réalité. Nate secoua légèrement la tête et, dans un geste plein de douceur attrapa sa main qu’il teint fermement dans la sienne tandis que son regard venait se figer dans le sien :

« Reste avec moi Ala’, écoute ma voix et n’écoute qu’elle. Tu es à Buenos Aires en compagnie d’un supermégatropcool beau goss et je te jure sur la vie de ma guitare qu’il ne t’arrivera strictement rien alors… Ne cède pas à tes démons, tu vas voir ça va le faire, à deux on est plus fort ! »

Il sourit une nouvelle fois avant de désigner son verre d’eau d’un mouvement de tête :

« Et puis de toute façon si tu continues à partir sans moi c’est simple je te balance ce verre d’eau dans la tronche non mais oh ! »

Il sourit à nouveau avant de relâcher aussi doucement qu’il l’avait saisit sa main. Se calant dans sa chaise il songea au faible ‘et toi’ qu’il avait cru entendre et préféra faire celui qui n’y avait pas prêté attention. Nate… Toujours prêt à écouter les autres, à les soutenir et les accompagner mais quand il s’agissait de raconter sa vie et ses propres douleurs il n’y avait plus personne…
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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Lun 7 Mar - 10:39

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    Quelqu'un ? Est-ce qu'il y avait quelqu'un dans ma vie ? Est-ce que j'avais des amies, autre que celles de Londres ? Je secouais la tête de gauche à droite. Les rares personnes que j'avais connu vivaient encore à Londres et elles étaient probablement mortes à ce jour. Je soupirais et fermais les yeux. Je regardais le verre vide devant moi. Je ne buvais même pas par manque ou par envie d'oublier. Non. Simplement parce que je voulais oublier. J'avais rapidement compris que l'alcool pouvait me faire oublier et j'en étais moins dépendante que la drogue. Oui j'avais eu dus mal à dissocier les deux, mais j'avais à peu près réussis. Je ne me droguais plus et buvais occasionnellement et la plupart du temps, seule à la maison. Mon regard dériva sur l'extérieur et je laissais mes yeux se perdre dans le vague. C'est un bruit affreux qui me ramena sur terre et à l'instant présent, même si j'avais déjà commencé à retourner dans mon enfer personnel. Je tournais la tête vers Nate et fronçais les sourcils en le voyant se moucher et me demander si c'était propre. Pour la première fois depuis des années, je ris. Un léger rire, faux certes et sans les yeux, avec des larmes qui tombèrent sur mes joues, mais il était là. Je riais légèrement et c'était peut-être faux mais ça n'avait plus d'importance. Nate avait réussit cet exploit. Il me sourit et quand je le remerciai, il me dit que c'était normal. Je laissais un sourire sur mes lèvres, à peine visible, mais je savais qu'il était là. Quand j'attrapais sa main, il la serra tout doucement dans la sienne et j'avais l'impression que je pourrais compter sur lui et me reposer au moins sur une personne en cas de besoin. Je relâchais sa main quand le serveur arriva et demandais une pizza au hasard. Je l'avais à peine regardé.

    Puis c'était arrivé. La musique battait son plein dans mes oreilles. La fumée m'empêchait de respirer correctement. Je voyais ma main se déchirer vers la seringue et elle transperça ma peau. Je grimaçais. C'était la première fois que je ne voulais pas de ça. La première fois que je refusais une dose. Pourtant, je sentis cet un apaisement arriver. Ce moment où je planais complètement. J'entendais cette voix qui m'appelait. On me disait de rester avec elle et de n'écouter qu'elle, sauf que je n'entendais que la musique. Elle couvrait tout et on attrapa ma main vers l'avant. C'était étrange. Un monde parallèle où l'espace se mélangeait. D'un côté la nuit de la boite, de l'autre le jour du restaurant. À gauche, l'enfer d'une nouvelle nuit. À droite, la promesse de quelque chose de nouveau. J'étais perdue et j'aurais voulu me couper en deux. En fait non, je ne voulais pas mais je crois que j'allais être obligée. Une partie de moi voulait aller à droite alors que l'autre tenait mordicus à aller à gauche. On me parlait encore. Je fronçais les sourcils et lâchais un faible « Et toi ? » À qui je pouvais bien parler ? Je secouais la tête et un léger bruit me ramena sur terre. Je clignais plusieurs fois des yeux et les plissais en regardant Nate. Qu'est-ce qu'il venait de se passer ? Pourquoi j'avais vu Londres et Buenos Aires en parallèle ?

    Alaska Qu'est-ce qu'il vient de se passer exactement ?

    Je ne comprenais absolument rien et j'ancrais mes yeux dans ceux bleu acier du jeune homme. Je m'accrochais à ça. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu'ils étaient là et que je les voyais. J'essayais de me concentrer sur son visage, le fixant sans relâche, même si pour cela je devais paraître impolie. J'avais besoin de m'ancrer dans cette vérité pour me rendre compte que c'était loin derrière moi et que ça ne viendrait plus jamais me hanter. J'avais besoin de ça et si pour cela je devais me montrer impolie, alors je le ferrais. Plusieurs fois, j'ouvris la bouche un peu comme un poisson hors de l'eau. Je ne savais pas si je devais lui dire ou non. Est-ce qu'il allait me prendre pour une folle ou pas du tout ? Je grimaçais et je vis nos pizzas arrivées à ce moment. Je regardais la mienne alors que le serveur la déposa devant moi. Je plissais le nez et la regardais de travers. Je venais vraiment de prendre une calzone ? Je soupirais et lançant un « Bon appétit » je m'attaquais à ce que j'avais dans mon assiette. On déposa une carafe d'eau sur la table et je la regardais, à nouveau perdus dans mes souvenirs.

    Alaska Petite, je voulais devenir policière. J'ai pas eu une enfance facile et je voulais protéger les autres d'un possible même sort. Et puis en grandissant, je me suis rendue compte que tant que les flics étaient pas mis devant le fait accomplis ou qu'ils n'avaient pas assez d'indices prouvant qu'on était battue, ça servait à rien. J'ai toujours eu peur qu'un autre petit enfant connaisse le même enfer. Se faire taper sur la gueule par une personne qu'on appelle papa, c'est juste … en fait, ça n'a pas de mots. Si un jour j'ai des enfants, je crois que je ne pourrais jamais lever la main sur eux. Pas même la petite claque derrière la tête qui fait pas mal. Non j'pourrais définitivement pas. J'aurais trop peur qu'ils m'en veuillent et qu'ils pensent que … je sais pas moi ! Que je les aime pas, par exemple. En fait, j'ai même peur qu'on me touche. Ça c'est calmé, parce que je suis tombée chez des gens biens entre Daniel et le mac, pendant un an. Ils m'ont remis en confiance, lentement. Mais ça reste ancré en moi et je sais pas si un jour j'aurais la force d'aller au delà de tout ça.

    Maria et Adam avaient fait un travail plus que formidable sur moi. Elle m'avait épaulé et lui avait toujours été là. Il savait comment agir, vue que sa femme avait connu la même chose. Elle me disait que la plaie resterait au fond de mon âme, mais que quand j'aurais trouvé la personne pour qui je veux aller de l'avant, pour qui je veux me relever et aller mieux, alors ça passera. Je cicatriserais lentement et puis un jour, je pourrais regarder derrière moi sans soucis et sans avoir mal. Je fermais les yeux et baissais la tête mordant ma lèvre inférieur.
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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Jeu 7 Avr - 7:16

Personne, seule avec sa douleur, seule face à ses peurs, prisonnière silencieuse des démons du passée. Envahissant ces derniers ne vous quittaient jamais véritablement, on pouvait les fuir un temps, croire l’espace d’une seconde que l’on pouvait s’en échapper mais il suffit d’un geste, d’une parole, d’un lieu pour les souvenirs revienne tel un flot incessant vous agressant avec tant de forces que la mort elle-même vous semblerait plus douce. Et malgré tout, il fallait sans cesse garder la force de se battre, relever la tête, regarder vers l’avant et trouver le courage de continuer son chemin, d’ouvrir de nouveaux horizons et enfin, parvenir à exister en accord avec vous-même. Long chemin, difficile bonheur à atteindre et qui demeure si éphémère, si délicat et fragile que l’on en vient que bien trop souvent à se demander, à quoi bon. Quel est le but de l’existence humaine après tout ? Si ce n’est vivre et mourir, redevenir cendre pour finalement demeurer oublié de tous et de toutes. Nate soupira alors que son regard se porta à son tour vers l’extérieur. Dehors la vie suivait son cours, des hommes et des femmes passaient devant les vitres sans s’arrêter certains regardant nerveusement leur montre et d’autres, plus nonchalants, prenaient le temps d’observer le jour qui déclinait doucement, s’éloignant dans un voile vaporeux d’orangé pour permettre à la nuit, tranquille et sereine de s’installer amenant avec elle sa couverture de fraîcheur qui dans une heure ou deux s’étendrait sur la ville. Toujours ils seront seuls. Peu importe les amis, peut importe la famille, lorsqu’un problème s’imposait, lorsqu’une douleur se creusait dans votre poitrine à vous en arracher les entrailles les autres s’effaçaient pour laisser place à l’ingrate solitude. Que de pessimisme… Reposant son regard sur la demoiselle Nate tenta une nouvelle fois d’imaginer les horreurs peuplant sa vie. Oui, elle était seule, seule avec sa douleur néanmoins il se promit d’apporter sur son être un temps soit peu de douceur, un rire, un sourire, tel serait le cadeau de sa réussite et s’il parvenait ne serait-ce qu’un temps soit-peu à la rendre heureuse alors, lui-même s’en verrait comblé. Tout cela lui semblait pourtant d’une grande stupidité mais après tout n’avait-il pas toujours agit ainsi avec les gens ? Voyager, rencontrer, découvrir, voir naître des sourires, entendre des éclats de rires qui, à jamais, se gravaient dans sa mémoire lui offrant un panel de souvenirs merveilleux auxquels il se plaisait à repenser dès que la nostalgie ou le désespoir menaçait de le submerger. Il en fut ainsi avec Alaska. Cette dernière fit entendre son rire, court, quelque peu crispé mais cela suffit pour que Nathaniel grave en sa mémoire l’image de ses lèvres s’étirant spontanément pour laisser s’échapper cet unique chant qu’il désirait et espérait à présent entendre plus souvent.

Mais tout s’arrêta. Elle partie sans qu’il ne puisse la retenir se laissant submerger par la mer déchainée de ses souvenirs. Nate parla, tenta d’user d’un humour déplorable pour lui permettre de revenir mais rien y fit. Les yeux de la demoiselle allaient de droite et de gauche, hésitait un temps sur le visage de Nate pour repartir dans sa danse, dans cette transe de folie dans laquelle Nathaniel n’avait pas sa place. Et pourtant, il lui fallait agir, forcé le passage, l’obliger à revenir, à refuser se passé qui tentait de la dévorer une nouvelle fois. Fuir, se battre, continuer, avancer, croire et espérer. Dans un geste spontané Nathaniel attrapa la main d’Alaska. Un geste emplit de douceur mais ferme suffisamment pour qu’il espère que cela l’aide à revenir. Elle ne tarda pas, son regard se figea dans les siens, s’accrochant au bleu de ses yeux et c’est avec force de détermination que Nate en fit de même. Si son regard devait être la seule attache l’aidant à tenir la tête hors de l’eau alors il était prêt à demeurer des jours entiers éveillé pour ne pas avoir à supporter de nouveau un tel spectacle qui le tenait dans l’impasse de l’impuissance.

« Je ne sais pas… Tu étais comme… Perdue dans tes souvenirs, tu ne me voyais plus mais… Enfin oublie, je suis là, tu es à Buenos Aires loin de tes soucis alors… Respire Ala’ ça ira tu verras, ça ira. »

Il prononça ses mots d’une voix douce mais ferme bien qu’il n’était pas véritablement sur de croire réellement en ce qu’il disait. Était-ce possible que tout aille mieux un jour ? Nate préférait croire que oui.
Leurs pizzas arrivèrent et Nate retira soudainement sa main offrant au même instant un air surpris à Alaska. Il en avait oublié son geste mais s’il se sentit gêné ou craintif de sa réaction il n’en montra rien. Alaska semblait trop fragile, trop peu sur d’elle pour qu’il ne puisse se permettre de montrer ne serait-ce qu’une infime partie de ses propres faiblesses espérait-il que sa propre confiance en soi permette à Alaska de se détendre un peu ? Par instant il se prenait à en avoir l’espoir oui…
La jeune femme lui offrit un faible « bon appétit » qui le ramena sur terre et il se contenta d’hocher la tête avant de goûter une bouchée de sa pizza. La nourriture ne lui fit aucun bien, sa chaleur lui brûla la gorge et son odeur l’indisposa au lieu de lui donner l’eau à la bouche. Nathaniel n’avait aucunement envie de manger mais plutôt envie de fuir à nouveau. Jusqu’ici cette soirée demeurait un véritable calvaire et il doutait que perdurer trop longtemps dans ce lieu n’apporte un véritable soulagement à Alaska. Il désirait l’emmener ailleurs, lui faire découvrir autre chose, une partie de son monde, un peu de ses rêves cependant il n’osait réellement s’en ouvrir à elle tant il craignait qu’elle prenne cela pour un piège quelconque.

Mais il n’eut le temps d’approfondir plus longtemps ses songeries. La jeune femme reprit la parole et Nate posa son regard sur elle l’écoutant avec tout l’attention qu’elle méritait sans pour autant laisser entrevoir le moindre ressenti face à ses déclarations. Elle lui conta une partie de sa vie, ses souvenirs dans lesquels Nate tira quelques brèves informations qui le laissèrent sans voix. Que pouvait-il dire après cela ?

« Tu trouveras la force… Ca prend du temps en fonction des personnes mais c’est cela où se laisser aller à la décrépitude. La vie est trop courte pour cela, trop précieuse aussi et la tienne ils ont voulu la diriger trop longtemps mais à présent… A présent il faut reprendre les commandes, tu es en vie et tu es libre, accroche toi à cette vérité, fait la tienne et pense-y lorsque tout va mal. Faible consolation je sais mais… »

Il ne termina pas sa phrase et baissa à son tour les yeux sur son assiette se perdant ainsi dans la contemplation de sa pizza.

« J’aimerai te faire partager quelque chose… Souvent quand tous va mal, je vais au bord de l’eau et je passe ma nuit à rester assis sur le sable à observer la mer et puis à jouer de la guitare ou encore à chanter. Ca peut te paraître idiot mais dans ses moments là c’est… Je ne sais pas, comme si la vie m’appartenait vraiment et… Je ne sais pas si ça te dirait mais une soirée sur la plage serait plus sympathique que rester ici non ? A moins que tu préfères rester seule dans ce cas je m’effacerais sans soucis. »

Il avait prononcé cela d’une traite le regard toujours posé sur son assiette tandis que sa main droite s’armait de sa fourchette afin de triturer sans grande conviction sa pauvre pizza qui décidément ne lui aucune envie de la manger.
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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Mar 12 Avr - 9:47

Allez vient j'temmène au vent.



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    Elle aurait voulut faire le vide dans sa tête, l'espace d'un instant, l'espace d'une micro-seconde. Ne plus penser à tout ça, ne plus jamais ressasser le passé. Oublier simplement. Savoir ce que ça fait de pas souffrir tout les jours, toutes les secondes qui passent. Chaque coups marqués par le temps passés restaient ancrés en elle. Un seconde de plus vers l'avenir, un seconde de moins vers l'enfer. S'éloigner doucement, aller vers l'inconnu. Oui ça fait peur, mais c'est seulement comme ça qu'on avance, qu'on tourne la page. Un livre se ferme à peine qu'un autre est déjà en train de se remplir. La plume trace les mots de la vie, comme un coup se marque dans un corps. Alaska frissonna et pressa son genoux. La peur d'aller de l'avant mais l'envie de se débarrasser de ses démons.

    Je posais mes yeux sur Nate et fronçais les sourcils à ce qu'il me dit. Perdue dans mes souvenirs ? Pour moi, il était clair que j'avais été de retour à Londres, dans la boite. J'avais tout entendu, la musique, les gémissements, les cris. Ma main remonta sur la table et Nate l'attrapa dans la sienne. Il la serra, comme pour me maintenir avec lui, ici à Buenos Aires. Je le fixais dans les yeux, m'accrochant totalement à lui. C'était le seul moyen que j'avais trouvé pour ne pas retomber dans mon enfer. J'avais envie et surtout besoin de le croire, quand il me disait qu'un jour tout irait mieux. Je soupirais et m'accrochais à lui, serrant encore un peu plus sa main dans la mienne. Quand il retira sa main d'un seul coup, je restais surprise et plissas légèrement le nez. Pourquoi s'éloignait-il ? Quand le serveur posa notre repas sur la table, je compris. Je lui souhaitais un bon appétit, à peine audible et louchais sur la pizza. Je n'avais pas spécialement faim et vue la grosseur de la chose, j'allais avoir du mal à l'avaler entièrement. Je soufflais et commençais à picorer un peu partout, sans jamais la couper. Un bout de jambon, un peu de croûte, un morceaux de gruyère.

    La petite brune venait de lui livrer une partie de sa vie, alors qu'elle continuait de détruire sa pizza au lieu de la manger. L'appétit n'était pas au rendez-vous aujourd'hui, comme n'importe quelle journée d'ailleurs. Elle soupira à la fin de sa tirade et ses yeux lâchèrent ceux de Nate pour se poser sur la rue. Dehors, la vie bougeait continuait. Les gens allaient et venaient. Ils vivaient. Alaska essayait de revivre. Elle voulait reprendre une vie quelque peu normale, mais c'était dure. Elle devait faire l'impasse sur toute sa vie, quasiment. Aussi peu glorieuse qu'elle était, c'était son histoire à elle. Comme par exemple, cette femme avait peut-être un passé de toxico. Elle avait apprit à vivre avec ça et çà l'accepter, même si ça lui faisait honte. Alaska soupira une nouvelle fois. Comment accepter une chose qu'elle avait entrainé ? Si elle n'avait pas été si naïve, si elle n'avait pas voulu échapper à la rue, elle n'aurait probablement pas été violé. Peut-être, mais d'une manière différente. Elle n'aurait jamais connu son ancien mac et elle n'aurait pas été envoyé six pieds sous terre pendant deux ans.

    Je reportais mon attention sur Nate, décollant mes yeux de la vitre, laissant les gens à leurs vies. Je savais que le chemin serait long, mais seule je n'y arriverais pas. Ce n'était pas une question ou quoi que soit, mais bel et bien une affirmation. Je pouvais m'en sortir, mais pas toute seule. Nate semblait avoir lui aussi un passé assez lourd, mais il semblait aller tellement bien, que ça ne se voyait pas. Peut-être qu'on oublie un peu avec les années. Peut-être que ça passe et qu'un jour, on arrive à faire l'impasse sur une partie de notre vie. Je l'espérais. Je baissais mes yeux sur mon repas, le contemplant. Je n'avais définitivement pas faim et la seule idée de devoir ouvrir la bouche, pour me nourrir me gonflait déjà. Nate parla à nouveau et je relevais la tête. La plage ? Pourquoi pas. J'aurais préféré n'importe quel endroit à celui-là. Je n'étais pas à l'aise dans les endroits fermés avec un peu trop de foule. La faute à des années d'enfermement. Je soupirais et tentais un vague sourire vers le jeune homme face à moi.

    Alaska Je préfère la plage. Puis, tu pourrais m'apprendre à jouer de la guitare, non ? J'ai toujours rêvé d'en faire, mais il a jamais voulu et après ça n'a plus vraiment été dans mes intérêts, on va dire. Ça marche ?

    Je n'attendis pas sa réponse et me relevais. Je finis mon verre et commençais à fouiller dans mon sac, pour jeter un peu d'argent sur la table. Même si on avait pas consommé la pizza, on avait quand même consommé des ingrédients pour la faire, et de la main-d'œuvre, donc il était normal de payer. J'enfilais mon gilet, par-dessus mon tee-shirt et récupérant mon sac à main, je suivis Nate, tranquillement. On quitta le restaurant et c'est avec beaucoup de joie, que j'accueillis l'air extérieur. Il n'y avait pas grand monde dans la rue à cette heure et ça allait. On marchait côte à côte dans la rue, mais j'avais laissé une certaine distance entre nous deux. Il ne me faisait plus tellement peur, mais j'étais mieux rassurée comme ça. Et puis j'avais besoin de cette petite distance entre nous, je ne pouvais pas l'expliquer. En plus, la rue était quasi déserte alors autant dire que pour une fois, ça allait. On gagna la plage assez rapidement, toujours plongé dans le silence. Peut-être qu'il pensait à je ne sais trop quoi, ou alors il n'avait simplement pas envie de parler. On arriva sur le sable et je retirais mes chaussures, ainsi que mes chaussettes. Déjà, je détestais marcher dans le sable avec des trucs aux pieds et ensuite, je n'avais pas envie de me battre cent spet ans avec le sable pour tout enlever. Je suivis le jeune homme dans sur un morceau de sable, semblable aux autres et je me laissais tomber, dans un endroit qu'il m'indiqua.
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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Sam 23 Avr - 5:07

Il étouffait, la vie l’étouffait, le monde l’étouffait. Il aurait aimé s’enfuir, prendre son sac sur ses épaules et rejoindre l’inconnu, répondre enfin à se besoin viscéral de partir et laisser derrière lui toutes les personnes qu’il avait rencontré ici. Mais pourquoi hésitait-il ? Pourquoi était-il si difficile d’accepter de tout laisser en plan pour rejoindre un horizon incertain ? Pourquoi pour une fois, ne pas accepter d’être comme tout le monde et d’enfin parvenir à ce construire un nid tranquille, ici, sous le soleil d’Argentine ? Mais il était si dur d’accepter l’attachement, si cruellement difficile de penser que, quelque fut son choix, il ne retrouverait plus la tranquille quiétude dans laquelle il baignait à son arrivée ici. Il faut dire qu’il n’aurait jamais pensé rencontrer de telles personnes en arrivant ici. Des sourires merveilleux, des histoires riches parfois désastreuses et douloureuses mais qu’importe. Chaque être qu’il avait croisé possédait quelque chose d’unique, d’incroyable et lorsqu’il observait le visage fatigué de cette jeune femme il ne pouvait songer à partir véritablement. Ne serait-ce pas une forme d’abandon ? Lui qui osait promettre soutien et aide ne serait-ce pas une cruelle trahison de ranger le visage Alaska dans le tombeau de ses souvenirs ? Des souvenirs… Ils en avaient tant. Des visages, des lieux, des émotions qui chaque jour revenaient hanter ses nuits. Il avait trahi plus d’une fois, brisé des cœurs et au final, son comportement de lâche fuyant sans cesse n’était pas bien plus glorieux que sa mère. Lui qui aurait voulu ne jamais lui ressembler partageait bien plus de points communs avec qu’elle qu’il n’aurait pu y penser. Peut-être qu’il lui était impossible d’échapper véritablement à ça. Son emprise. Elle serait là toujours et il aurait beau courir à travers le monde, passer de bras en bras, de bouche en bouche il ne pourrait jamais, jamais parvenir à réduire en cendre son foutu visage dépourvu d’émotions. Désillusions quand tu nous tiens, un psy voilà ce qui lui aurait fallut ! Mais rien, jamais rien ne sortait. Les mots refusaient obstinément de franchir la barrière de ses lèvres, la douleur demeurait emprisonnée, enchaînée à ses entrailles le réduisant à l’état de légume pathétique tout juste assez courageux ou assez fou pour cacher sa haine derrière ses sourires. Menteur, imposteur ! Voilà tout ce qu’il était, un bon à rien qui laissait miroiter de belles choses aux gens avant de déguerpir comme un lapin sans jamais laisser de nouvelle.
Soupirant, le jeune homme sortit de ses songes et passa une main dans ses cheveux comme si ce geste, futile et inutile pourrait suffire à chasser ses idées noires. Rouvrant les paupières précédemment closes il figea son regard acier dans ceux d’Alaska et durant une seconde il sembla si perdre. Elle demeurait accrochée à sa main et à ses mots, il sentait sa force se transmettre de ses doigts aux siens, lisait dans son regard son désir ardent de rester en vie, de garder contact avec la réalité alors que lui-même trouvait dans le miroir de ses yeux une échappatoire, une porte offrant l’accès à ses rêves. Alaska voulait devenir et lui désirait simplement être. Vivre pour lui et échapper à toutes ses remises en question incessante. Différence…

Il lui fallait rêver, il lui fallait s’enfuir et à cette pensée l’image de ses kilomètres de sable fin s’imposa à lui comme une évidence. Il allait fuir mais il ne serait pas seul, prendre Alaska par la main et l’emmener dans son monde voilà ce à quoi il aspirait aussi lui proposa-t-il se mélangeant dans ses mots, s’exprimant avec cette maladresse inhabituelle qui le rendait si charmant et enfantin à la fois. Après tout, Nathaniel avait beau paraître fort et sur de lui il ne demeurait qu’un pauvre gosse dont qui transposait son manque viscérale d’affections sur les autres. Aimer sans pour autant l’être en retour, donner sans désirer recevoir. Une grandeur d’âme qui cachait un mal être profond et un égoïsme à tout épreuve. Paradoxe…
Un sourire se dessina sur ses lèvres à sa réponse. Délicieuse parure, merveilleux mensonge alors qui lui répondait d’un simple hochement de tête tout en se demandant une fois encore si il n’aurait pas mieux fait de partir aussitôt dans elle. Mais il était trop tard, il c’était engagé aussi imita-t-il son geste lorsqu’elle se leva. Il l’observa faire un instant avant d’arrêter son geste de la main.

« Laisse c’est pour toi. »

Murmura-t-il d’une voix entendue avant de prendre sa veste et sa guitare et d’adresser un signe de tête au gérant du restaurant. Nathaniel était un habitué, un petit magouilleur de première qui en échange de quelques services plus ou moins légaux pouvait venir manger ici quand bon lui semblait et ce, gratuitement. Il ne gagnait certes pas d’argent grâce à ses services mais au moins, il avait un souci en moins à régler et c’était cela le principal.
Rejoignant Alaska, il fourra ses mains dans les poches de son jean avant de prendre le pas à ses côtés. La demoiselle gardait une distance de sécurité entre eux, distance qu’il ne tentait pas un instant d’ameneur sachant pertinemment qu’elle était essentielle pour que la demoiselle se sente bien à ses côtés. Au lieu de ça, Nate s’enferma dans le silence et laissa son regard glisser sur les alentours. Il y avait très peu de monde à cette heure. La plupart des personnes rentraient d’une longue journée de travail et les quelques résistants marchaient d’un pas précipité sans même prêter attention aux alentours l’esprit figé sur une seule et unique chose : rentrer. Qu’il devait être étrange d’avoir une famille, une maison, des amis, un endroit où se poser, où se reposer et si Nate aurait l’espace d’une seconde voulu connaître ça il n’éprouvait pour autant aucun remord à mener la vie qu’il menait. Le monde était sa maison et cette simple pensée suffis à lui rendre le sourire.

Ils arrivèrent à la plage sans même s’en rendre compte et c’est tout naturellement que Nate guida Alaska vers son coin de plage favori. Une parcelle de sable commune aux autres certes mais c’est ici que Nathaniel avait l’habitude de venir rêver. Soupirant d’aise il posa ses affaires avant de s’allonger de tout son long et d’inspirer une grande bouffée d’air frais. Ici le silence régnait en seul maître et c’est avec un plaisir manifeste que le jeune homme se laissa porter par le chant délicat de la mer dont les houles venaient frapper la berge. Ici il était heureux, un bonheur lisible dans son regard bleu soutenue qui, sous l’éclat de la lune semblait se rapprocher du gris mordant. Un nouveau sourire naquit sur ses lèvres alors qu’il se laissait aller à la contemplation tes cieux, cherchant du regard l’ombre d’une étoile filante qui, soudain, comme un éclair éphémère traversa le voile noir de la nuit.

« Fait un vœu. »

Murmura-t-il d’une voix à peine audible avant de tourner la tête vers sa compagne de fortune. La demoiselle lui semblait si forte et si fragile à la fois et à cet instant, sous la lueur peinée de la lune il prit toute la conscience et la valeur de sa grande beauté. Alaska était telle une fleur qu’il aurait fallu protéger et il du se retenir de s’approcher pour la prendre dans ses bras comme si une simple étreinte aurait eu le pouvoir de la protéger de tous les malheurs du monde.

« Dis… Si tu devais te souvenir d’un seul moment de ta vie, t’accrocher à un seul instant, une seule seconde que tu souhaiterais plus que tout ne jamais suffira et dont le souvenir seul parviendrait à te rendre ne serait-ce qu’une seconde le sourire, lequel serait-il ? »

Se dévoiler connaître sa vie, meubler le silence et construire une nouvelle amitié. Voilà ce qui importait à présent à Nathaniel et peut importe la douleur que cela pourrait engendrer si il décidait finalement de partir. Personne n’était éternelle surtout pas lui, Ô non, surtout pas lui.

[C’est franchement nul -- mais osef j’ai répondu j’espère que ça ira quand même. ♥]
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MessageSujet: Re: Allez vient j'temmène au vent [Alaska ♥]   Dim 1 Mai - 11:17

Allez vient j'temmène au vent.



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    Je tournais, stagnais, mais n'avançais pas. Je n'avais aucune idée de comment faire pour me tirer de cette mauvaise et horrible passe, pour tirer un trait sur mon passé. Sur ma vie, sur mon enfer. J'étouffais tout les jours, à chaque réveil. Le même scénario se répétait jours après jours, heures après heures. J'aurais aimé tout effacé et tout reprendre à zéro, ce que j'avais fais en venant ici. J'avais laissé tomber tout le monde, abandonner des gens avec qui j'avais sympathisé, des hommes qui, au lieu de me détruire, participaient un tout petit peu à ma reconstruction. J'avais toujours été muré dans mon silence, enfermé et je n'avais jamais cherché à en parler autour de moi. Parce que certaines filles comprenaient un peu ce que je ressentais, mais elles avaient toutes abandonnés, tombant comme des mouches. Ou alors, elles aimaient ça et étaient devenues prostituées par nécessité pour payer leurs études ou quelque chose dans ce genre là. Je soupirais et repris pied dans la réalité.
    Je m'accrochais à Nate, autant qu'il semblait se tenir à moi. C'était effrayant et ça me paraissait normal d'un autre. Moi qui avait toujours eu peur des hommes depuis mon passage dans la boite, je me sentais à l'aise à ses côtés. Même si mes mains tremblotaient légèrement dans les siennes, mais je m'y ça sur le manque de drogues, ça allait. J'étais bien et il me faisait penser à ceux qui cherchaient plus à nous protéger qu'à nous nuire. Il me proposa la plage ou rentrer chez moi. Rentrer à la maison ? Pourquoi faire ? Me morfondre seule dans mon lit, après m'être enroulée dans ma couette ? Pleurer toutes les larmes de mon corps en espérant qu'un jour, ça passera ? Non. Je ne voulais pas. La plage de nuit, ne me tentait pas, m'effrayant un peu, mais il était là alors ça devrait aller. Puis au pire, je peux partir en courant. On se releva et j'allais sortir de l'argent pour payer une pizza à peine manger, comme chaque repas, mais le jeune hommes aux yeux aciers m'en empêcha. Je relevais le visage vers lui et soufflais, lui fourrant ma monnaie dans les mains. Je le regardais partir, pas décidé à laisser reprendre cette argent. Je soupirais et le laissais sur la table, avant de récupérer mes quelques affaires et de suivre Nate, en silence.

    On traversait la rue, silencieux. Notre marche ne faisait aucun bruits, le silence était seulement rompu par notre souffle. Je regardais autour de moi, cherchant des ombres ou des personnes qui pourraient nous suivre. Par moment, je virais peut-être parano, mais j'étais ainsi toujours à chercher la moindre petite bête ou la moindre âme humaine. Je n'étais pas une angoissée de la vie, j'avais simplement peur de retomber dans cette horrible spiral qui a constitué ma vie pendant deux ans. Je suffoquais suffisamment comme ça, il était inutile d'en rajouter une couche par-dessus. On arriva sur le bord de mer et je retirais mes chaussures, les prenant dans ma main. J'avais vue la plage peu de fois et j'aimais y aller. J'avais cette impression de liberté et c'était juste bon. Je ne supportais plus la ville, ou très peu et la mer m'allait. Je le laissais me guider puisqu'il voulait m'emmener dans son coin à lui. Quand on arriva à destination, je soupirais et quand le jeune homme se laissa tomber sur le sable, je pris place à ses côtés, tout en restant à une bonne distance quand même. Jamais trop prêt, jamais trop loin. Je ramenais mes genoux contre moi et posais ma tête au milieu, les entourant de mes bras. Je fermais les yeux et me laissais bercer par le son de la mer, face à moi. Je ne sentais que le sable sous mes fesses, la très légère brise qui ébouriffait mes cheveux, mais j'avais la sensation d'être au milieu de l'eau et qu'elle m'entourait complètement. Un sourire fendit légèrement mes lèvres et la voix de Nate me fit sursauter. Je rouvris les yeux et le regardais, comme s'il était fou. Un vœu pourquoi faire ?
    Puis je la vis, là-haut. Elle fendit le ciel rapidement, l'illuminant d'une couleur blanche, avant de s'enfuir. Je fermais les yeux, priant, suppliant, qu'un jour je puisse m'en sortir et oublier. Je gardais mes paupière ouverte, scrutant le mouvement des vagues, qui s'écrasaient à peine sur le bord de l'eau. La lune se reflétait dessus et un sourire étira à nouveau mes lèvres. Je restais longtemps à contempler la mer, jusqu'à ce que mon voisin prenne la parole à nouveau, meublant le silence encore une fois. Je laissais passer quelques secondes, réfléchissant à sa question. Un souvenir qui pourrait me rendre heureuse ? Je n'en avais pas des masses. Le seule moment que je souhaitais garder dans ma tête, l'ancrée au plus profond de moi, c'était mon coma. Pendant ce temps là, je n'avais rien senti, rien entendu, rien vu. Comme si j'étais morte.

    Alaska Un seul moment de ma vie ? Mon coma. Pourquoi ? Parce que j'étais bien à ce moment-là. Je souffrais, mais moins qu'aujourd'hui. J'avais encore une once de chance de pouvoir faire une vie correcte quelque part. Mais pendant ce laps de temps où je dormais, je ne pensais à rien. Ni aux jours qui passaient, ni à la douleur physique que je ressentais pourtant. C'était juste bon et malgré tout, j'étais bien. Ou alors, quand j'ai vue qu'Adam et Maria étaient des gens bien et qu'avec eux, j'allais avoir une vie que je rêvais d'avoir.

    Je laissais une larme rouler sur ma joue et relevais les yeux vers les cieux. Ils étaient là-haut, quelque part et veillaient. Même si c'était faux, même si je ne croyais pas en la réincarnation, au Paradis, à l'Enfer ou à toutes ces choses là, je me plaisais à me dire que quelque part, dans cette jungle humaine, deux personnes, même mortes, se souciaient de ce que j'allais devenir, de savoir si j'allais m'en sortir ou non. Je soupirais et desserrais mon emprise sur mes jambes, les laissant tomber sur le sable. Je retirais ma veste, la roulais en boule et attachais mes cheveux, avant de m'allonger et de poser mes mains sur mon ventre. Je tournais le visage vers Nate et regardais son profil.

    Alaska Et toi ? Un moment de ta vie qui te rendrait le sourire ?

    Parler, se découvrir, doucement, lentement. Je remis ma tête face aux cieux et fermais les yeux, respirant l'odeur marine à pleins poumons. C'était calme, j'étais bien. Il n'y avait pas une seule âme vivante sur cette plage, exceptée nous deux et ça m'allait parfaitement. La solitude m'allait très bien. Peut-être pas au point de me combler totalement, peut-être pas au point de me rendre heureuse, joyeuse boute-en-train ou quelque chose dans ces eaux là, mais ça me convenait, pour le moment. J'essayais de ne pas m'attacher trop aux gens, pas maintenant. Parce que si un jour je devais partir, parce que mon passé revenait me faire un petit coucou, je ne voulais pas avoir de regrets et je ne voulais pas causer de la peine aux gens avec qui je m'entendais bien.

    Spoiler:
     
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