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 ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »

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« Y. Rafael Dudu Adorno »
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MessageSujet: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mar 2 Nov - 12:10


YSMARUN RAFAEL ADORNO

Feat Louis Prades





© Copyright American-Indian, images ffffound

« Je suis un intellectuel : je ne mange pas de la merde, j'ingère de la matière foecale. »



© Copyright Misery Angel

Je m’appelle Ysmarun. Déjà, c’est un sacré début dans l’existence, non ? Tu sais, il y a des gens, ils s’appellent Hell, Murder ou des bêtises du genre. Leurs parents devaient être de sacré psychopathes. Les miens, je pense qu’ils étaient juste fan de Forest Gump à l’époque . Run, Ysma, run ! Après peut-être que ma mère m’a confondu avec un nouveau serviteur capable de lui apporter ses bouteilles quand elle serait trop saoule pour se lever. Ysma, rhum ! Enfin. J’ai une sœur, Maria. C’est marrant, je suis presque sur que son prénom, c’est papa qui l’a choisi. Toujours est-il que Maria n’est pas bien importante de ma vie. Elle a toujours joué le rôle de la rebelle, et je crois qu’actuellement elle écume les brasseries d’Europe au bras de son éphèbe brun n°3. J’ai actuellement la vingtaine, j’en sais pas plus. J’oublie souvent mon anniversaire, sauf lorsqu’un ami bienveillant vient m’apporter un cadeau. Niveau présents, les gens se lâchent avec moi. Dans ma cuisine – enfin, dans le temple du frigo et de la micro-onde – j’ai un ustensile magnifique qui sert à séparer les blancs des jaunes d’œufs. J’ai des potes extraordinaires. Je suis spécial, comme mec, selon eux. Normal, mon job, c’est magicien ! Vous admettrez qu’il faut être légèrement dérangé pour se lancer dans le métier. Je suis dérangé. J’adore le fait d’être capable de détourner les conversations pénibles en provocant l’explosion de n’importe quoi. Il est admis que je suis un être pensant, voir intelligent. Parce que j’ai aussi des diplômes, faut pas me prendre pour un vagabond, un malpropre. Je suis très fort en mathématiques, physique… moins en biologie. La souris de laboratoire que j’ai tué par mégarde pourrait en témoigner, j’aime bien les animaux malgré tout.
Je déteste la cigarette, je me fous de la drogue. Mon truc à moi c’est l’alcool, comme dans les livres d’Emile Zola ou ils sont tous alcooliques. Ma famille, c’est un peu les Rougon-Macquart du vingt-et-unième siècle. On boit tous, avec des petites préférences. Maman adore la vodka. Elle cuisine d’ailleurs de super baba-à-la-vodka. Papa est beaucoup plus distingué, en bon comptable, il boit du vin. Maria, son keaf c’est la bière, la blonde en général… et Ysmarun, ils vous le diront, ne fait pas de manière. J’aime l’ivresse. Le gout, c’est secondaire.
Sinon, et bien, je suis assez chiant. J’aime la pop, le rock, et le rap. J’aime le chocolat blanc mais je n’ai rien contre le noir. Je sais cuisiner les plats de base, et j’apprécierais qu’une gentille fille m’apprenne la recette du gâteau au café. J’habite un appartement ridiculement petit. Je suis né à Buenos Aires, néanmoins j’ai du déménager trois fois. Chaque déplacement me rapprochait du vrai centre ville. A ma mort, je serais probablement clochard, carton en plein milieu de la place publique.
Vous l’aurez remarqué, je parle beaucoup.






Oh, miroir, mon beau miroir...


© Copyright Misery Angel

Ysmarun, ce paresseux ! J’ai déjà entendu ça quelque part… La personne qui a prononcé ce compliment avait bien raison. Entretenant une passion terrible pour le grattage de doigts de pieds, je n’ai pas de temps à consacrer à grand-chose. Puis il fait si bon au creux de mon lit, à regarder le plafond me sourire, que je ne vois pas l’intérêt d’aller enfiler mes chaussures, faire les courses. Après je ne m’étonne pas de me nourrir de restes, de pâtes réchauffées et de semoule fade. J’assaisonne mes plats avec de l’alcool. Il faut l’admettre ; depuis l’enfance, j’ai des penchants prononcés pour le défaitisme. Renoncer est pour moi une agréable alternative à la souffrance programmée. Par contre, ne vous y trompez pas ; j’aime la vie. Je me suiciderais jamais, même si on m’annonçait que mes pieds allaient se transformer en poulpes et que mon cerveau était irradié. D’ailleurs, ça doit être cool d’avoir un membre visqueux. Je deviendrais peut-être un champion de patinage. Vous l’avez remarqué, ma concentration équivaut à celle de l’huitre asthmatique. Sauf lors des représentations, je n’arrive pas à me fixer sur un projet, une discussion plus d’une poignée de minutes. Je suis avide de neuf, de frais, d’inspirant.
Raf, arrête de parler pour ne rien dire ! Tu as encore laissé des saletés dans la salle de bains ! Pourquoi tu chouchoutes ce lapin plus que mes seins ? Rafael, tu chiales quand tu dors, espèce de tapette ! Putain mais éteins, éteins, arrête de lire, j’ai sommeil… Ysmarun Rafael Adorno, je te dis que c’est mon tour de mater la télé, j’en ai rien à battre qu’ils diffusent une performance de l’autre con… QUOI ? Tu me quittes ? Ah, les exs, elles elles savent vraiment qui je suis, mes défauts, mes bêtises... Le romantisme je ne connais que très peu, j’ai eu des petites amies. J’étais venu les séduire, la plupart sur un pari, ou juste parce qu’au milieu de la rue elles se distinguaient des autres. Socialement, je suis capable du pire comme du meilleur, d’être l’ermite ou l’ami caméléon. Être amoureux, définitivement, ça ne me réussit pas. Je ne vous mentais pas en me désignant comme une huitre un peu plus tôt… quand j’ai mal personne ne le vois, excepté lorsque je dors, je suis sujet à des terreurs nocturnes. J’ai un sens des priorités particuliers, j’accorde une démesurée importance aux futilités. Paradoxal, moi ? A peine. Mon humour est aussi spécial. Ca vient de la famille gratinée et du prénom qui fleure bon l’exotisme ; l’auto-dérision est une bonne défense contre le quotidien pourri. Je ne suis pas optimiste : j’essaye. Le matin, je me réveille avec la pêche mais sans le moral. Ysmarun, il est un peu coquille vide sur les bords, on a du vous prévenir. Je fais l’effet d’un mec un peu éteint sur les extrémités, une personnalité placide. Le seul instant ou j’explose c’est sur scène, pendant un tour de magie, je suis génial, je déconne, je met l’ambiance. Je suis cool…







C'est l'endroit idéal pour draguer...


© Copyright Mischievious Winx

Des fois je me plante devant une glace, pardon, un miroir, et je me regarde. Généralement, pour ajuster une veste, ou vérifier que je n’ai pas l’air d’un ours sortant de sa forêt, parce que je n’accorde qu’un relatif intérêt à mon apparence. Du moins j’essaye. Je suis grand, du moins plus que la plupart de ces demoiselles en talon haut qui m’adressent la parole. Vous allez rire, mais je ne me suis jamais réellement mesuré, ce n’est pas une priorité dans mon existence. Par contre, je fais attention à mon poids. J’ai peur de me transformer en allumette humaine, à force de trop travailler, trop me dépenser. Physiquement, je crois que je suis ce que les gamines en pleine puberté appellent « bien foutu ». Tout ça juste parce que j’ai des abdos en béton, des épaules biens carrées. Je m'habille correctement, avec des vêtements sombres, classes. Le seul problème, c'est que n'étant pas un adepte du shopping, je laisse mes fringues s'user au maximum. Mon jean préféré doit avoir une quinzaine de trou, des fils qui dépassent de partout, mais ça me plait. C'est mon style.
Après, je ne sais pas que dire de mon visage… un jour, une amie m’a fait remarqué qu’il était vraiment bien symétrique. T’as pas une moitié de bouche plus étrange que l’autre, un œil moins grand, même mes cernes respectent cet axe imaginaire passant au milieu de mon nez, ce qui fait que je donne toujours une impression rassurantes à ceux à qui je m’adresse. Ensuite, si on m’observe plus en détail, l’impression se dissipe. D’abord au niveau des mains. Mes doigts sont épais, mes ongles crasseux et tranchants la plupart du temps. Puis mes cheveux, légèrement bouclés, qui sont assez loin pour dissimuler mon regard, n’inspirent pas confiance. C’est psychologique. Lorsque je me coiffe, soit pour les gouters d’anniversaires ou autres événements ou j’ai intérêt à avoir l’air d’un homme de confiance, on me reçoit bien. J’ai aussi la réputation d’avoir un regard de fer. Dans mes iris noisette ne passent que de la haine, du mépris. Quand je suis de bonne humeur, ça ne se lit pas sur mon visage.






Je veux l'amour, la joie, la bonne humeur...


Introduction « Rêver d'amour et se réveiller dans un soupir. »

Le rêve tangue, dans son lit d’étudiant rongé par les mythes. Il n’a plus d’accroches et dérape, s’écroule puis se reconstruit, car le rêve vie. Il tourne autour de son propre centre, parfois élargissant les vues du jeune hommes, mais ce soir le voyage est différent. L’observatoire renverse son objectif pour fouiller ses tripes. Le rêve dissèque le rêveur qui inconscient obtempère, plonge dans la mare des chairs nécrosées pour tenter d’élucider le pire mystère. Son âme crée un mirage magique dans lequel il se déverse, les souvenirs coulent comme le sang d’une plaie. La saignée soigne sa douleur, son incroyable douleur. Le décor se met en place, deux personnages face à face : lui, et lui. La conscience écoute le conte du vrai Ysmarun qui aplatit sa vie pour en faire un récit simple, compréhensible par quiconque souhaite l’entendre. La réside le problème ; il n’a pas envie de s’entendre dire combien il est faible. Le pouvoir du rêve est destructif.
Ysmarun dort, donc ne se repose pas.

First « Je t'épellerai magique et tu veras les oiseaux s'envoler de ma bouche. »
L’histoire débute dans un parc de la ville. Je suis minuscule, mal habillé, mon t-shirt dépasse de la salopette toute moche que ma mère m’a forcé à mettre. Mes cheveux bouclés tombent sur mes yeux, m’empêchent de bien regarder devant moi la petite fille brune qui rigole. Elle est avec ses parents, qui ont l’air vraiment gentil. Ce n’est pas la première fois que je la rencontre, mais la vérité c’est que je n’ose pas lui adresser la parole. J’angoisse à l’idée de passer pour un idiot, alors qu’elle, je ne sais pas… Elle me semble si chouette. N’empêche qu’aujourd’hui, c’est décidé, je vais lui dire bonjour. J’ai un plan. Depuis que j’ai vu ce magicien à la télé, et la grande femme blonde qui le regardait avec des yeux pleins d’admiration, je me suis dis « pourquoi pas moi ? ». Moi aussi je pouvais lui allumer un feu d’artifice dans les prunelles, si je m’y prenais de la bonne façon. Aussi, j’avais obtenu après un bon caprice, une mallette pour apprendre des tours. Quand je maitrisais vraiment le truc pour les histoires de chapeau, colombes et compagnie, j’avais piqué des bouquins à la librairie. D’accord, niveau lecture, je suis pas top, mais je me suis forcé. Disons que j’ai enclenché mon décodeur, j'ai piqué les cours de Maria pour apprendre à lire. Le problème c’est que quand je regardais dans le dictionnaire, la définition était pleine de mots compliqués que je recherchais donc ensuite. Et dans les définitions de ces mots y’avait aussi tout pleins de trucs que je ne saisissais pas, alors je re-recherchais. A la fin, je finissais par tomber sur une définition bizarre, du genre celle de l’alcool de pomme de terre, et là, je pouvais essayer mon tour. C’est ainsi que j’ai appris à faire disparaître des petits objets. Ca tombe vraiment à pique : aujourd’hui, elle joue avec une balle. Comme d’habitude, elle n’a pas une balle laide en tissu rapiécé, non, sa balle elle est classe, de ma couleur préféré, rouge. Ce n’est pas bien dur à cacher, une balle. Je m’avance, je saisis son jouet à l’instant ou elle le lance en retard, claque dans mes mains, et pouf ! Evaporée. Ses parents sont réellement choqués, néanmoins ils laissent faire, ils veulent connaître la suite. Aussi, à mon avis, ils vont lui acheter une autre balle si je lui casse la sienne. Elle, par contre, elle est loin de n’en avoir rien à faire.
    - Ma balle !
    - Je peux pas te la rendre. Elle a disparu.
    - Mais euh, ma balle !
    - Je te la donne si tu me dis comment tu t’appelle.
    - Je m’appelle Everlynn, et maintenant tu me rends ma balle parce qu’elle est à moi et puis euh… espèce de singe pouilleux !

Ses bras s’agitent. Elle n’est vraiment, vraiment, pas contente. Je fais semblant d’être vexé, je claque à nouveau des mains. La balle apparaît… à côté d’un paquet de fraise tagada vraiment appétissantes. Ever me fixe. J’ai fais comme le magicien de la télé ! Je veux devenir le plus doué des magiciens de tout les temps, et j’aurais plein de bonbons de la part des mes groupies.
    - Bon, tu la prends ta balle ?
    - Mais comment t’as fait ça ?
    - C’est de la magie.
    - C’est trop fort !

Je rougie, on aurait pu m’appeler tête de tomate, pour le coup. Je la sens qui reprend son bien, et j’ai conscience que ses parents me sourient. J’ouvre le paquet de sucreries : gentiment, je lui en propose, puis je me sers. Je suis fier de moi.
    - Moi je m’appelle Ysmarun, et je suis magicien.
    - Dis, tu veux bien me faire un autre tour ?
    - Attend, attend, je me concentre. Donne-moi la main.
    - Hum… d’accord.

Sa paume est chaude. Deux oiseaux s’échappent de mes poches. Heureusement que j’avais envisagé l’éventualité ou ça ne marcherait pas. Elle me sourit, visiblement ravi de me connaître. Je sourie, nous discutons encore un peu, mais soudain ses parents viennent nous interrompre. Everlynn murmure quelque chose à leur oreille.
    - Je serais encore au parc demain.
    - Moi aussi… j’ai encore plein de choses à te montrer, si tu veux !
    - A demain !

Elle s’écarte en me faisant un petit coucou de la main, auquel je réponds. Depuis, Ever, c’est mon premier publique, le meilleur, et surtout le plus cool.

Second « Vodka, grand marnier . Pardon, je voulais dire papa, maman. »

Mickael n’était pas un mauvais garçon. Son père étant catcheur, il avait été élevé dans l’idée que n’importe quel garçon homosexuel était une tapette, et que donc il était de son devoir d’apprendre à ces malotrus ce que c’était que la virilité. C’est ainsi qu’est né le rendez-vous du matin huit heure, de la mie-midi, et la grande rossée d’après les cours. Evidemment, son code de l’honneur l’incitait à s’accorder également quelques petites pauses, pour entretenir la forme. Dans son planning étaient également casés une ou deux heures d’aide aux étudiants en difficultés, qui lui permettaient de se racheter une conscience quand ses habitudes se faisaient trop dérangeantes au sein de l’école. Tout allait donc pour le mieux dans l’univers étriqué de ce cher Mickael.
Il sélectionnait ses victimes en début d’année. Une poignée de filles de son harem personnel s’avéraient particulièrement douées pour remarquer les gays ou les bi à plusieurs kilomètres à la ronde, sans même s’informer sur leurs cas. Les rares erreurs étaient rapidement remarquées, Mickael pouvait avoir la certitude qu’il servait honorablement sa cause, sans s’acharner sur de braves gaillards qui n’avaient rien fait de mal. Néanmoins, son petit plaisir annuel était de désigner son martyr, celui qui servirait d’exemple aux petits nouveaux. Et là, Mickael se montrait exceptionnellement subtil : son martyr était de préférence, un chétif marginal hétéro. Il arrivait à travers de ce personnage à inscrire une information dans l’esprit des autres « si lui l’hétéro se fait traiter comme ça, alors il ne doit pas faire bon être homo ». Au bout d’à peine deux jours de fréquentation du martyr, la plupart des garçons adoptaient le look de Mickael, avec d’infimes nuances.
J’ai été martyr cinq ans d’affilés. A la sixième, j’ai eu le bonheur de me trouver une petite amie qui servait uniquement à ma survie. On s’embrassait en permanence ; quand j’y songe, j’étais si heureux de la connaître. Elle m’a libéré de cette contrainte propre au martyr qui était la sortie du samedi. Vous aurez du mal à réaliser ce que c’était, l’emploi du temps du martyr. Hors des rencontres, je me cachais du mieux possible, je soignais mes plaies. Aujourd’hui je suis fière de vous l’annoncer, il ne me reste aucune cicatrice de l’époque. Néanmoins dans ma mémoire subsiste le souvenir de chaque séance.

Je débutais de la pire manière, avant même qu’ils m’aient trouvé, un terrible mal de tête s’était emparé de mon crâne. Je n’étais donc pas en mesure de fuir cette fois, j’étais enchainé à ce banc ou nous étions censés nous retrouvé. A cet instant, une question doit automatiquement vous venir à l’esprit si vous n’avez une once de bon sens : pourquoi acceptais-je de les voir ? Et bien, au début, je restais chez moi, mais la bande, maligne, fourbe finissait par me faire sortir de mon trou. L’agacement provoqué par cette perte de temps notoire les rendait extraordinairement cruels. Aujourd’hui, comme tout les samedis, j’étais partagé entre l’impatience de les voir, car plus tôt l’exercice commençait plus tôt il finissait, mais d’un autre côté j’aurai préféré qu’une fois, rien qu’une, Mickael préfère annuler pour se consacrer à une partie de jambes en l’air qu’un mâle en puissance – c’était son expression favorite – était incapable de refuser. Hélas, au bout d’un quart d’heure à souffrir, c’est le cas de le dire, le martyr, à endurer l’impression de cohabiter avec un pivert, on m’arrêta.
La mise en scène changeait régulièrement ; la créativité était de mise, s’aurait été trop facile pour moi de m’habituer à une torture monotone. J’endossais donc le rôle du criminel, sous les yeux de badauds passifs. Mes bras furent donc tordus par deux costauds en une inconfortable position arrière et Mickael, ravi, me passa les menottes, visiblement choisies pour me rentrer dans les chairs. La sensation était violente, pétrifiante. La torture était conçue pour détruire ma personnalité. Mon endurance partait en poussière, mon courage s’effaçait de lui-même. On me trainait comme on sort les poubelles, presque à contrecœur, jusqu’à l’endroit ou se déroulerait la suite. Je les écoutais alors qu’ils m’insultaient. Ma confiance en prenait un coup, à chaque nouvelle remarque. Si ce n’avait été que Mickael… tous me traitaient. J’avais beau essayer de me raisonner, de me dire que si ils me détestaient c’était pour se fondre dans la masse, je ne pouvais m’empêcher de me demander pourquoi j’étais devenu leur martyr. Le problème devait venir de moi. J’étais trop original, pas assez social, et je devais donc en payer le prix. On arriva soudain face à une porte noire épaisse, visiblement en métal, fermée à clef. Cette information m’apportait un nouvel espoir, ténu, qu’ils ne puissent pas l’ouvrir. Mon bourreau pulvérisa cette idée. L’intérieur était angoissant, j’apercevais une table couverte d’instruments divers dont je préférais oublier l’utilité. On m’installa sur une autre table qui me rappelait les vidéos d’opérations que nous visionnions en cours. Mon pressentiment fut confirmé lorsque l’on détacha mes menottes pour mieux me rattacher une seconde plus tard à un des pieds de la table. Désespéré, je tâchais de soulever le pied pour me libérer ; ce fut vain. Mickael s’approcha de moi, déchira ma chemise. La peur me congelait, de haut en bas. Il commença par m’asséner de nombreux coups. Les blessures se multipliaient sur ma peau. J’étais tétanisé à l’idée qu’ils arrivent à faire exploser mon corps. Que je me répande en morceau contre le mur et que je disparaisse dans un tourbillon rougeâtre, mais je résistais. Une fois qu’ils eurent jugé que j’étais bien amorcé, Mickael choisit d’expérimenter une nouvelle méthode. J’aurais payé cher pour être capable de disparaître lorsqu’il me força à me mettre ventre au sol. Je respirais la poussière, la saleté, surtout je respirais ma propre crainte. Je savais combien j’étais pitoyable, un poussin à la merci des renards, et du loup. Le loup gouvernait le destin, lui faisait prendre le chemin le plus horrible, le plus dangereux. Je méditais sur ma misère alors qui attaquait mon dos avec quelque chose de rêche, de clouté. Je subissais en aveugle les entailles qu’il creusait. Je m’échappais dans mon esprit, rêvant de magie. Ses assauts me ramenaient brusquement à la réalité, qui se voulait laide, amer. J’étais humilié. Je désirais être un oiseau, voler loin de la peine. Je souhaitais être libérée de ces menottes symbole de ma soumission. Je criais, aussi on me bayonnais. Le tissu, sur ma bouche, avait un goût particulier. Je reconnu rapidement la saveur de l’alcool. Une allumette craqua. Une main l’approchait dangereusement de ma bouche. Je me redressais, mais un poids sur mes pieds m’empêchait de me lever entièrement. Donc je me tords pour éviter la flamme qui danse et qui menace de brûler ma bouche. Ma tête m’envoie des signaux de détresse, une infinité de piques se figent dans ma mémoire. Si je retombe, si je rencontre sa main, son allumette, je meurs. J’ai le cœur qui souhaite déchirer ma poitrine, fuir. Ils commencent à donner des coups de pieds, à vouloir me faire tomber. Le temps s’étire, la seconde devient une décennie, la minute est aussi longue que six siècles. Ce sont des millénaires qui s’écoulent, les larmes cavalent, dévalent mes joues. Un souffle vient éteindre le danger. Je heurte enfin le sol. Ce n’est qu’une pause. Un couteau se faufile dans mon bras. Plus profond. Plus bas. Plus qu’une éraflure. Le sang se répand… il le recueille dans un verre. Goutte par goutte. Une partie de moi me quitte avec ce liquide. Il arrache le tissu, écorche ma lèvre. Nouvel fontaine, il rempli un autre verre. Il repli mes doigts sur le contenant, accompagne mon mouvement.
    - Bois.

Je le regarde, suppliant. Il me pince le nez, j’ouvre pour respirer, la première gorgée entre. C’est un réel incendie dans mes boyaux. Pourtant je me force dans un haut-le-cœur à avaler… le reste de mon sang. S’y mêle le gout salé de ce qui coule de mes yeux. Je commence à flancher à la fin. On m’aide. Presqu’arrivé au bout du calvaire, je suffoque, je vomi sur les pieds de Mickael. Sans se démonter, il récupère la substance, la remet dans le verre. On revient au début, mais je n’avale plus rien, on me l’enfonce dans la gorge, provoquant irrémédiablement le même résultat. Je crache de l’acide, puis c’est du sang qui sans raison arrive. J’ai chaud, mon visage est pâle, néanmoins intérieurement je m’embrase. Nous n'en sommes même pas au quart du rendez-vous, ensuite il...


    - Arrête.
    - Quoi ?
    - Je te dis, ta gueule. J’ai compris. Je ne veux pas savoir.
    - Evidemment, petite nature, que tu ne va pas savoir. T’a déjà mal rien qu’à m’entendre, et t’as bien raison.
    - Juste une chose… tu devais bien aller voir des gens, pour te soigner ? Alors il s’est passé quoi ?
    - Que dalle. L’infirmière me soignait sans trop de question. Au début elle m’a pris pour un gamin battu, mais je lui ai expliqué la réalité. Alors on a laissé papa, maman, tranquille, et j’ai travaillé à être un bon martyr.
    - Et tes parents ?
    - Mes parents n’en avaient rien à carrer, Maria non plus, et voilà. Tant que je n’apportais pas mes problèmes dans la demeure familiale…
    - Tss. Mais je saisis, pas, en vrai t’es hyper déconneur, tu dis bonjour, tu vannes…
    - Hey, j’allais pas chialer et ressasser ça jusqu’à ma mort.





Third « Elle ne m'aime pas, mais elle a besoin de trancher mes artères et de retirer mon coeur de ma poitrine pour se le prouver. »

J’ai commencé par l’aborder dans la rue. Il faut admettre que ce n’est pas une idée particulièrement brillante, seulement sa silhouette me plaisait, elle se détachait de la masse. Ses cheveux jaunes presque blancs, le balancement de ses hanches ; la demoiselle avait de l’allure et moi, oisif comme tout les jeunes de notre époques, j’avais juste songé que j’avais envie de la connaître. Alors je m’étais avancé parmi la foule dense, m’était placé face à son visage de nacre, inspiré un grand coup. L’air fleurait bon la poussière, pourtant cela me donna la force d’engager la conversation, d’une manière naturelle, spontané. Amorce réussie, le poisson était ferré. Je passais frénétiquement mes doigts dans des mèches sauvages de ma tignasse, parlait en geste, néanmoins j’avais réussi à capter l’attention de cette étrangère. Au bout d’un discours remplis de futilités mal formulées, elle osa me donner un nom et un numéro de téléphone qui s’avérèrent être réellement les siens – j’avais quelques antécédents de faux numéro particulièrement désagréables - . Gunnvor, norvégienne. Son regard brilla puissamment lorsqu’elle me proposa d’aller boire un café un de ses jours. J’avais fait une rencontre ordinaire, elle aussi.
Malheur, elle me plaisait. Parce que dans son petit nez, ses façons de parler en images, Gunnvor m’entrainait dans un univers inconnu, et ça aucun magicien digne de son titre n’y résiste. Quatre jours plus tard, nous étions en train de nous revoir. Ou plutôt de nous observer à nouveau. Elle se concentrait sur mes doigts, quand je lui faisais la démonstration d’un excellent tour de carte, sur ma bouche lorsque je m’emportais. J’aimais un peu trop sa poitrine, je dois l’avouer, j’étais résolument très penchés sur la … conversation. En y repensant, nous étions conventionnels dans nos rapports, un bonjour, des politesses, la conversation, conclure par au revoir. On a pris l’habitude des rendez-vous, pendant un ou deux mois, nous avons enchainé les sorties ordinaire, cinéma, concerts, restaurant.
Un samedi brulant, je l’ai embrassé, elle m’a embrassé en retour, j’ai dis « Gunnvor je t’aime » elle a répondu « Je t’aime aussi Ysmarun » et on a fait l’amour. Comme ça, parce que c’est romantique, ou une bêtise du genre. Je crois que j’étais au paroxysme de l’excitation mais avec le recul j’ai fini par saisir que j’étais mortellement chiant. On avait anesthésié le centre du cerveau qui permettait de se rendre compte que ce que l’on trouve exceptionnel était simplement ordinaire, banalisé, digne d’une sitcom, mes méninges étaient branchées sur une prise étrange qui envoyait un courant à l’adrénaline. La vie était tellement plus simple quand on acceptait de consommer des produits sains, l’eau par exemple, ou les plats cuisinés. J’avais de méchants tremblements, en manque de ma sacro-sainte vodka, de mon alcool-idole. Dans l’air flottait une odeur nauséabonde. Si vous voulez visualiser la chose, je pourrais vous expliquer que j’avalais des épinards par brouettes, sans broncher, même si dans mon ventre c’était très douloureux. Ce qui me plaisait chez Gunnvor c’est qu’elle soit normale, j’avais bon espoir qu’elle déteigne sur moi, de me métamorphoser en un homme qui n’attire pas les coups de poings, la haine en somme ; et donc logiquement lorsque notre histoire à pris une tournure surprenante, je l’ai haï. Cette rage s’est pointée à l’instant ou elle a emménagé chez moi. Dans le lit, Gunnvor prend ses aises, elle tape sur le crâne son partenaire. Je m’habituais à avoir la tête sous un oreiller, à compter les casseroles le temps qu’elle se calme. J’essayais d’aimer Gunnvor, bien qu’elle aille de pénible en pénible, de laide en horrible, d’ennuyeuse en soporifique. N’importe quels divorces en témoigneront ; c’est en partageant le même frigo qu’on découvre une personnalité aux premiers abords formidables. L’appétit nordique de ma compagne grandissait de jour en jours, elle avait des « indigestions » en permanence. Pendant six mois, j’ai oublié qu’elle existait : je n’osais pas la chasser de mon domicile. Je m’imaginais qu’il suffirait de rouler Gunnvor quand elle serait devenue une boulle de graisse. Puis enfin, quelqu’un a aimablement emporté ma petite amie. Voilà ce qu’à sauvegardé ma caméra.

Je mettais en marche ma chaine hi-fi, la programmait pour diffuser en boucle ma compilation d’Eminem. J’étais prêt à travailler. La table était disposée face au téléviseur sur lequel reposait ma caméra. Le modèle n’était pas de la dernière génération, mais il avait l’avantage de répondre à mes ordres, ainsi, lorsque je souhaitais filmer, il filmait, et quand j’avais envie de cramer deux ou trois piles des cartes, il avait la gentillesse de ne pas s’enflammer dans un imprévu crépitement. Le voyant passé au vert, je commençais à répéter mon tour. Cette prestation nécessitait que je porte un masque intégral, couvrant même les yeux. Je mentais au public en arguant que cela faisait parti de mon costume, du cérémonial pour s’assurer que je n’étais pas un tricheur ; en réalité je me protégeais des vapeurs dégagées par la fumée de la combustion. Je ne réalisais cet acte sobrement nommé la « maitrise des flammes » que dans des salles bien ventilées. La fenêtre de l’appartement était donc exceptionnel laissée ouverte. L’ensemble était dur à mettre en place. Premièrement, il fallait brûler une feuille à l’aveugle, d’un geste net et précis, c’était la « preuve », puis en placer d’autres, les bonnes, parce que bien sur j’avais un truc, sur la table. Ensuite, la partie amusante constituait en le montage d’une tour en cubes lettrés, vous savez, ceux que l’on donne en enfant. Et les yeux dans l’obscurité, il fallait que j’ais le talent d’écrire le mot idiot, instinctivement, et de placer une flèche finale me désignant. Les rires alors couvraient le bruit de l’allumage de la mèche. Dès lors, à la seconde où je bougeais mes mains au dessus de l’édifice, il s’enflammait. Rien d’extraordinaire, un tour de débutant, seulement la magie résidait dans le fait que le papier, au contact du brasier, résistait. En excellent acteur, je retirais mon masque et feignais de trouver cela parfaitement logique, continuais le numéro en simulant le passage à une autre partie du spectacle, n’éteignant rien. Le talent constituait à n’être que partiellement indifférent, à jeter un coup d’œil de temps en temps, puis de feindre à un moment d’être agacé par les flammes. J’appelais une personne innocente pour renverser de l’eau sur la tour. Le miracle se produisait, et le feu parti de la tour dont il ne restait que des cubes métalliques (la matière recouverte par la suie n’était pas remarqué par les gens distraits, alors que c’était la chose à voir pour comprendre le tour) se déplaçait, du moins, semblait se déplacer pour brûler le papier. L’apothéose était enfantine : une bourrasque violente accompagné de mouvements évocateurs, et la je recevais la salve d’applaudissements.
Mais avant ça, il fallait répéter. La vidéo me permettait de prendre conscience de mes effets, des défauts d’interprétations. Être magicien, c’est une torture : c’est connaître la fin du film sans le dire aux autres, sous peine d’être lynché, c’est être au courant du grand rebondissement en abandonnant ses amis à l’ignorance. Commença une demi-heure ennuyeuse, à préparer mes mélanges, mon eau, mes enduits, mes réactifs … Mon diplôme de chimiste m’était plus qu’utile. Une fois tout en place, j’enfilais le masque, une pointe d’appréhension au plus profond de moi, que je m’empressais de chasser. Oublie que tu peux être responsable d’un incendie à la première erreur.
L’allumette craqua sans difficulté, mais je sentis un souffle l’éteindre, une main m’arracher le masque, un changement d’ambiance tandis que mon CD était remplacé par une foule de sons saccadés, bestiaux. J’étais un lapin face aux phares d’un trente-six tonnes, infoutu de faire un pas de côtés pour éviter l’accident. Je constatais l’ampleur des dégâts. Face à moi était Gunnvor, le visage livide, les cheveux maladroitement nouée en une queue de cheval brouillonne. Et dans ses bras se tenait une petite chose fragile, quasiment chauve, pleurnichante : un bébé. A côté de ce duo se trouvait un homme à la peau translucide, aux cernes creusées, d’un bleu rougeoyant, les yeux gris perle. Plusieurs anneaux, percings et autre traversaient sa chair lisse, des cheveux noirs décoiffés formant des piques complétaient le tableau. Je constatais, encore et toujours, qu’il se passait quelque chose d’inexplicable. L’incarnation du mal caressa doucement la tête de l’être innocent, puis Gunnvor utilisa son doigt pour lui couvrir les yeux. Bien sur, préservons le gosse… Des connexions se firent dans ma tête. Une voix imaginaire martelait la vérité, soudain.
Gunnvor s’est faite engrossée. Première gifle. Elle mangeait parce qu’elle était enceinte. Son poing entre dans mes côtes. Elle vomissait parce qu’elle était enceinte. Attaque en règle dans ma dentition. Elle était dans le déni. Coup de pied, je suis à terre. L’autre l’aime. Il m’attaque au couteau. Pas elle. Il coupe une touffe de cheveux, par pur plaisir. Et lui, dans sa logique, je lui ai volé la mère de son enfant. Alors il continua, et moi, ma volonté s’envola, parti à tire d’aile vers de plus jolies contrées. Annihilation de l’instinct de survie. J’étais en empathie avec cette personne désolée qui s’acharnait sur chaque parcelle capable d’endurer la souffrance sur mon corps. Ses coups avaient la dureté des cadavres, le métal à l’arrière couvrait le bruit de mon agonie. Je disparaissais, et Gunnvor souriait, dès qu’il s’arrêtait. Soudain, elle lui tendit le paquet d’allumettes, sorti une bougie. La cire coula, le sang fut versé… le temps passa et les complices trouvèrent de nouvelles tortures. Je du avaler une poignée de choses, être trainé comme un objet d’un endroit à l’autre, les heures s’enchainaient. Gunnvor rassembla ses affaires, pilla mon portefeuille.
Ils partirent. Je gisais sur le sol, malade, sans tenter le moindre mouvement. Le téléphone sonnait, on entra par la porte ouverte. Je n’avais plus conscience des minutes, les secondes étaient pulvérisées. Seul comptait le fait que mon cœur envoie du sang à mes organes vitaux. Peu importe la migraine, peu importe les brûlures, l’infection, la douleur. Je voyais flou, la caméra tournait encore, encore et encore. Une preuve était donc là.
    - La suite est bête.
    - Qu’est-ce qui se passe, après ?
    -Après, je suis dans le coma, on fouille mes méninges pour savoir si je suis un légume, ou pas, et on me sauve.
    -Ysma, t’as les yeux tellement mouillés on dirait que tu vas te transformer en piscine municipale.
    - Pardon, je rectifie, pendant un long moment je ne m’entends pas penser, je suis dans le noir, on me presse, on me pique. On me recoud aussi, je suis la poupée du médecin au-dessus de moi ; je vais en service de réanimation. Une personne émet l’hypothèse de me débrancher. On ne me débranche pas. Je suis là, suspendu au dessus du vide neuronal et je suis enfin seul. Pas de main dans la mienne, aucune douce pression me murmurant que cela va aller, que je vais me réveiller. Ever a disparu depuis longtemps, brutalement. Comme si j’étais une faute sur laquelle on tire un trait. Comme si je n’étais là que pour faire de la magie, rien d’autre, qu’à l’intérieur c’était le néant. Puis ma sœur, puis ma mère, n’ont pas eu le temps de me rendre une visite. Orphelin dans le lit d’hôpital. Et toi non plus tu n’es pas venu. Ni lui. Le monde a tourné sans moi. Tu sais comment je m’en suis sorti ? Je me suis accroché à cette main qui s’est placé dans ma paume un jour. J’ai appuyé fort, aussi fort que je désirais vivre, puis j’ai appuyé sur mon corps, sur mon cœur, sur mon âme. J’ai appuyé jusqu’à ce que ça fasse très mal et que ma paupière se soulève. J’ai poussé pour remuer ma langue et grogner. Alors d’autres ont commencé à s’agiter.
    - Qui était venu te voir ?
    - Un nouveau médecin, qui venait déterminer si on allait cesser l’acharnement thérapeutique. On allait débrancher la sonde qui me nourrissait et attendre que je crève dans d’atroces souffrances, dans le pire des cas. Mais je me suis manifesté. J’ai dis non. Non. Je me suis réveillé, je me suis levé. On a soigné ce qui n’allait plus. Je suis rentré chez moi. J’ai bu. J’ai essayé d’oublier que j’étais terriblement seul. J’ai vu la vidéo qu’avais prise ma caméra. Revu. Revu, revu, encore et encore. Six heures de massacre au total. Pour supporter ça j’ai repris l’alcool.


Fourth « si nous étions des animaux... attends, nous sommes déjà des animaux. »


Est-ce que c’est donc l’apparence qu’à la poubelle des alcooliques ? Je suis au fond du trou, mon corps est glacé, recroquevillé sur moi-même je tente de ne pas remarquer les regards fuyants des autres. Leurs visages creusés sont divisés en deux parties par la lumière faible traversant les fenêtres opaques. Personne n’est complètement assis sur sa chaise pliable, ni complètement honnête. J’ai les mains cachées au fond des poches de mon sweat, je mordille une mèche de cheveux. J’ai le cœur qui bat lentement mais surement alors que la ronde continue, l’horreur s’enchaine comme aux journaux télévisés. Leurs yeux sont animés d’une flamme à la lumière ténue, ils bégayent des propos relativement intelligibles. Je commence à apprendre à distinguer ceux que l’on a forcé à recevoir de l’aide des véritables résistants. Je note les particularités physiques, indices sur le passé. Je spécule sur le passé de ces gros buveurs, je devine. J’ose parfois dévisager les filles qui racontent dans leur robe moulante combien de litres elles ont ingéré en espérant se consoler. D’une peine d’amour, ajoutai-je intérieurement, car n’étais-ce pas ça, la raison de tout acte désespéré ? Il suffisait de retirer une brique à l’édifice pour que le constructeur se charge du reste. On pourrait être heureux, désirer la joie éternelle mais on veut ce quelqu’un. J’avais au moins dépassé ce cap ; Gunnvor pouvait crever la bouche ouverte, ça ne me concernait plus.
    - Suivant…

Je me campe solidement sur mes deux pieds, le dos droit. Mes orteils s’enracinent, je brille dans ce local sombre. Je découvre mes dents, je piège leurs attentions. Je m’attache à bien percevoir cette scène. Devant mes iris tout est uniformément gris comme la saveur du mauvais alcool, mes mains s’accrochent au tissu rugueux de mon jean. J’entends la rumeur des hypothèses folles qu’un groupe de demoiselles formulent à mon sujet.
    - Je m’appelle Ysmarun.
    - Bonsoir Ysmarun, répètent-ils, en moutons bien éduqués.
    - J’ai commencé à boire parce que tout le monde dans ma famille buvait ; puis j’ai continué principalement car ça me plaisait. Vous n’allez pas dire que vous n’aimez pas le vin, la vodka, la bière et la tequila, hein ?

Je prends conscience que c’est vain. Ils ne sont pas là pour m’aider. Alors je bouscule le cercle, mais on me retient par les poignets. C’est une brune au rouge à lèvre flamboyant. Elle fait signe aux autres que c’est bon, elle s’occupe de moi et je ne bronche pas. Je ne sais pas résister, je suis une branche morte sur une rivière qui se laisse charrier. Nous sortons.
    - Tu t’appelles Ysmarun Rafael Adorno ?
    - Oui.
    - Ton ex, elle s’appelle Gunnvor ?
    - Oui.
    - Et t’es pas mort ?
    - Bah non.
    - Je crois que je peux arranger ça.

Course effrénée. Course rapide. Course contre la mort… Je ne maitrise plus rien, surtout pas mon passé qui s’acharne à me courser.

Final « je suis le phoenix. je ne crève jamais, je disparais. »

Le rêve meure. Le jour reprend ses droits et Rafael se réveille, inchangé, inexplicablement soulagé. Il ne se souvient que de la course finale, et ne s’interroge pas. Il consulte son emploi du temps, sourit. Bêtement.



Bienvenue dans la réalité !

Quel est ton nom / pseudo ? American-Indian ; Alice ( la merveilleuse ♥ )
Quel âge as-tu ? Jeune :p
Comment as-tu découvert Remember that day ? Bouche à oreille, enfin, clavier à écran.
Que penses-tu du design ? Il est tout classe mais j'ai un peu de mal avec la police en petit.
Sur une échelle de un à dix, donne nous ta disponibilité s'il te plaît pour la semaine 8/10, quand je prends la peine de bosser.
Ton personnage est-il issu d'un scénario du forum ? Non.
A quel groupe appartiens tu? Mon passé, mon fardeau !
Quel est le code du règlement ? ok by rosie
Peut-on avoir un exemple de tes RPs ?
Spoiler:
 
Une dernière chose à nous dire ? Tu sais, les livres de SES sont très politiquement correct. Dans les exemples, tu as toujours un couple composé de Clémence, qui comme son prénom l'indique vient d'Auvergne, parle mal anglais est dont l'ancêtre est Louis XIV, et d'Abdel, comme son nom l'indique, et un gentil arabe intégré qui bosse et qui ramène 4500euros de revenu du travail. Jamais tu vas tomber sur Mamadou et Fatia, couple lesbien qui deal ( le deal, c'est un revenu mixte ), sur Pauline la nympho roumaine... Non. Dans les livres de SES, la France est peuplés de couples hétérosexuels mariés qui investissent en bourse et qui louent des appartements à d'héroïques étudiants en médecine. Je pense que les gosses d'Abdel et Clémence, ils vont s'appeler Moïse et Pétunia. Pour rester dans l'esprit SES et j'aime les poissons.

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→ SITUATION : amoureuse transi. :arrow:
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→ BOULOT : au chomage...
→ J'AIME : JAIME.
→ J'AIME PAS : les vers de terre.



MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mar 2 Nov - 23:27

    bienvenue alice la merveilleuse dans le pays merveilleux huuu
    hahaaaaaaaaaa le rp quoi! je ne m'en remettrais jamais :p ♥ tes images gères, presque autant que toi. j'adore ton pseudo (l) ysmarun, c'est chou je ne sais pas comment ca se prononce, mais dans ma tete, ca fais ismarhum, ouai ouai comme du rhum BAFF ta cita me fais travailler les meninges. well... bonne chance pour ta fiche et ce nouveau perso qui va j'en suis sure, etre top (:

    dnazinfze rtd alice :p
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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mar 2 Nov - 23:45

Ever, dans ma tête ça fait aussi " ismarhum " MDR'. J'adore le pseudo super original : )
Bref. Bienvenue : D
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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mer 3 Nov - 1:06

Welcoooome ! 8D
bon courage pour ta fiche & je plussoie le pseudo est puis Louis P. love
si tu as des questions, hésites pas What a Face

______________________


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forever young
si tu as peur du sommeil et que passe le temps, si tu aimes l'automne vermeille, merveille rouge sang, si tu as peur de la foule mais supporte les gens, si tes idéaux s'écroulent le soir de tes 20 ans. mais si tout ne se déroule jamais comme dans tes plans, si tu n'es qu'une pierre qui roule, roule mon enfant.
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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mer 3 Nov - 1:26

Merci ♥
Ever, ça me le faisait aussi le coup du ysmarhum - mais ça se prononce ysmarune, comme une rune quoi ! - et puis ce perso, il va pas être aussi cool que le tien mais j'ai prévu deux ou trois trucs roxants yearh
Tyler, décidément Ysmarhum ça commence à faire son petit bout de chemin dans mes deux neurones. Je vais finir par en faire un alcoolique notoire ! wayaa
Louis, il est cool, je plussoie, même si ses lunettes elles craignent un peu ^^"
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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mer 3 Nov - 1:30

haha mais non, c'est lunettes c'est la classe !
ah et moi aussi au début j'ai lu ismarhum x)
Bref, je valide ton code (a)

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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mer 3 Nov - 2:42

    Bienvenue !!
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→ J'AIME PAS : La joie de vivre; manger; qu'on me parle, la mer.



MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mer 3 Nov - 8:07

WELCOME ismarhum xD
Un nouveau BG *_* J'aime ton pseudo, j'aime ton avav', je suis une fan de toi ♥

Merci beaucoup de t'être inscrite sur RTD !!
Bonne continuation pour ta fiche & j'espère que tu vas t'amuser parmi nous.

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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mer 3 Nov - 8:47

J'aime ton personnage.
Bienvenue.
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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mer 3 Nov - 9:48

Enjoyce, je ne demande qu'à devenir fan de toi en retour ♥
et adriel ... merci x)
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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Mer 3 Nov - 17:43

Je connais pas ce mâle, mais je l'aime déjà coeur

Bienvenuuuuuuuuue pom-pom
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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Sam 6 Nov - 4:47

Bienvenue !
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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Dim 7 Nov - 3:08


    LOOOOO(..)OOUIS amour c'est le meilleure dernière chose à ajouter que j'ai lu (a) moi j'attend toujours de voir Ahmed ayant un problème de plomberie dans mon livre de maths, j'en ai marre de Charles et Jeanneee marre bref, ceci dit bienvenue et bonne chance pour cette fin de fiche ♥
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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Dim 7 Nov - 9:12

Merci à tous ♥ c'est vrai que louis prades est miam... et lou, je ne demande qu'à te le faire mieux aimer encore.
J'ai fini ma fiche, certains passages sont assez violent - tout est relatif - mais bref, ce qui est fait est fait.
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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Dim 7 Nov - 10:00

Putain, t'écris divinement bien!
"Rougon-Macquart" haha, ça me fait penser que je dois aller revoir mon français Arrow

Donc tout est paaaaarfait coeur je te valide Cool
bon jeu parmi nous please
une admin te rajoutera dans ton groupe & oublie pas notre lien hein ! love


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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   Lun 8 Nov - 6:54

GOSH wayaa Cette présentation *_*
Je t'ajoute à ton groupe sans plus attendre, merci et bon jeu parmi nous ♥

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MessageSujet: Re: ys « si tu es un poisson volant dans un bocal plein de vodka, bois ! »   

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